mardi 7 mars 2006

I been thinkin' about my doorbell

Lauren nous avait prévenu par email, E&G nous l'ont confirmés de vive voix... les White Stripes sont à Tokyo et l’on ne devait pas les rater. Par chance Emmanuelle et Bruno avaient, de leur côté, très envie de faire l'expérience d'une famille nombreuse pour quelques heures et nous ont gardé les filles le temps d'un concert. Nous leur serons éternellement reconnaissants....


Pour aller à un concert, il faut d'abord acheter des billets ce qui n'est pas une mince affaire. Direction le Tower Records et son guichet d'information où le gentil garçon plein de bonne volonté me dit de me rendre au ticket pier du 0101 (Marui) que j'arpente de long en large pour rien. De passage à un second information booth du Tower Records et cette fois c'est au 109 junior que l'on me dis de me rendre. 6 étages de fringues pour adolescentes plus loin : rien. Alors je décide d'essayer le guichet d'information du Tsutaya qui, lui, m'indique le 109, le vrai. 8 étages de fringues pour adolescentes attardées plus loin : rien. On n'abdique pas si vite! alors je me rends au guichet d'information du 109 ou la dame me dis qu'effectivement je suis au bon endroit mais que j'ai mal cherché. Effectivement, caché dans un coin de la tour de babel des Shibuyettes se trouve le ticket PIA, l'officine secrète des receleurs de sésames. Après avoir utilisé mon meilleur accent japonais je parviens non sans mal à faire comprendre à la receleuse aux dents pourries que je veux deux billets pour le concert des White Stripes (ouaiteu soutouraipeu). Enfin, après deux heures de recherches et pour l'équivalent d'un salaire mensuel d'ingénieur Ouzbekh, j'ai dans la main les précieux billets.

Du vélo, du métro sous la mer, nous voici à Zepp Tokyo.

Quelques précisions sur la pratique de la musique vivante dans l'archipel Nippone :
  • Ca commence à 19h et ça finit a 21h.
  • Il y a des balustrades dans la fosse, ce qui est d'ailleurs très bien pour éviter les mouvements de foule...
  • Les gens ne se bousculent pas et l'on ne marche pas sur les pieds de ses voisins
  • Il y a des types en costard cravate qui dodelinent de la tête et tapent du pied à côté de vous.
  • Personne ne fume hors de la zone fumeur, pas vu non plus de chillom, de bong, de tulipes, de double feuille ni de pipe à eau, bien entendu.
  • On n'allume pas son briquet pour faire joli dans le noir même si c'est Jean Meyrand sur scène (Il est très connu au Japon).
  • On ne prend pas de photos.
  • On voit tout ce qui se passe sur scène, même du haut de mes 1,74m...
  • On ne jette pas son téléphone portable ou la batterie de ce dernier sur la scène même si c'est Milène Farmer sur scène (Elle n'est cependant pas du tout connue au Japon).
  • On ne jette pas son gobelet de bière en plastique n'importe ou, on le plie et le range dans sa poche (oui mais la poche, elle va sentir la bière me direz vous, ça n'est pas grave).
  • On porte sa bouteille de thé froid autour du cou, attachée par une petite lanière rouge fournie à l'entrée, comme ça il est possible de rester hydraté tout en pouvant applaudir.
  • Pendant le concert, il est de bon ton de lever le bras en l’air et de faire les cornes avec les doigts, et pas le V parce que personne ne prends de photos. Je pensais cette pratique disparue depuis les années 80 et la disparition de certains groupes de hard rock qui s’appréciaient avec des jeans moulant, il n’en est rien au Japon.
  • À la fin du concert, on obéit au monsieur avec son mégaphone qui nous hurle qu'il est temps de partir.
  • Deux heures de queue tu feras pour acheter un tee-shirt.
  • A 22h tu es dans ton futon.

Les White Stripes, c'est Jack et Meg White. Je n’ai jamais réussi à comprendre quel était leur lien, frère et soeur, mari et femme, épouse et concubins?? Si quelqu’un dans l’auditoire pouvait m’éclairer… Quoi qu’il en soit c'est Jack qui mène la barque (Madame Ga vous dira sûrement le contraire dans quelques lignes...) et qui s'occupe de faire sauter les Japonais en l’air à l'aide de ses nombreuses guitares et de riffs biens sentis. Meg, de son coté tape sur ses fûts en ne lâchant jamais jack et son grand chapeau du regard.

Voir ce qu'en disent les inrocks :

Chez les White Stripes, le chiffre deux est ainsi riche de conséquences. Une batterie et une guitare ; une rythmique et un riff ; le blanc et le rouge, la solidité et l’extravagance ; la femme et l’homme… On n’évitera d’écrire des inepties sur la représentation des sexes au sein des White Stripes et son influence sur notre société (nos descendants s’en chargeront peut-être dans d’odieux pensum à la gloire de la musique du début du 21e siècle), surtout que l’important chez les White Stripes n’est pas l’individu mais le couple musical formé par Jack et Meg White.

Reste le titre du dernier album "get behind me Satan" que j'ai vu traduit par "range-toi à mes cotés, Satan". J'aurais plutôt traduit par "va derrière moi, Satan" ou "place toi dans mon dos, Satan", "attrape ce truc dans mon dos, belzebuth" ou encore "obtenez derrière moi Satan " comme le dirait Google translate.

Il me restera de ce concert un sifflement à 2kHz persistant dans l’oreille gauche.

Pour ma part il m'en reste des idiotes courbatures du dessous de la plante des pieds. Je croyais pourtant avoir atteint le sommet en matière de courbatures idiotes le jour où j'ai trouvé intelligent et salvateur pour mes fessiers de faire moult flexions sur mes jambes, un manche à balai flanqué d'une bouteille d'un litre et demi de part et d'autre, en guise d'haltères sur les épaules, qui ne m'avait fait récolter en lieu et place d'arrière train brésilien une incapacité à m'asseoir sur le siège des toilettes dans la dignité.
Hier soir j'ai sautillé frénétiquement pendant une heure quinze, en prennant garde de m'éloigner de ce jeune suitant et dégoulinant et du coup, en écrasant copieusement les orteils de la jeune fille derrière nous qui avait pourtant à subir, pauvrette, le 44 fillette de mon aimé tout aussi frénétique. J'ai hurlé comme une midinette quand la fumée rouge a accouché d'un Jack White en pleine forme, et que Meg White trônait avec une grâce inouïe pour quelqu'un qui tape avec autant de force sur une batterie, alors que s'effrondrait l'écran rouge masquant la divine sérigraphie du fond de scène, au son de Blue Orchid. J'étais fière de mes baskets et de mes petits muscles au répondant élastique, de pouvoir bondir comme tous mes camarades nippons, encore bien plus déchainés que moi. J'ai insisté sur mes orteils pour distinguer Jack quand il se mettait au piano, j'ai sollicité mes tendons encore plus fort pour regarder le visage de Meg, impassible et pâle. Et j'ai fait beaucoup de mal à mes rotules en accordant mes bonds à la musique pour toucher terre quand Meg faisait "bongbadabong" du bout de ses baguettes.
Si c'était bien? Mais c'était!!! Même si Jack est dans un délire artistique conceptuel parfois dur à suivre, ça valait grandement le détour, le sacrifice de la plante des pieds et la mise à feu de l'oreille gauche.

8 commentaires:

emm. a dit…

mais est ce que c'était bien ??

G. a dit…

emm. a décidé de laisser le même commentaire que celui que son rapport de concert avait récolté !!!
en tout cas, ce qu'il ne dit pas là mais qu'il m'a dit à moi, c'est qu'il a laissé son gobelet de bière par terre !!!
ouh le vilain gaïjin !!!!

itadakimasu a dit…

Clarifions les choses :
1. C'était tres tres bien
2. J'ai aussi discretement laisse glisser mon verre par terre...la honte

madame gâ a dit…

je veux jouer de la batterie et avoir un t shirt blanc avec une grosse poitrine (et accessoirement avoir la meme classe que meg)!!!!

akaieric a dit…

Un concert de rock au japon...intéressant! Même au concert les japonais font pas comme les autres!
Je me demande ce que doivent en penser les artistes, ils doivent s'amuser à comparer les publics des différents pays...

emm. a dit…

c'est vrai que ça doit être bizarre pour les artistes, commencer aussi tôt par exemple. Mais le public japonais sait remercier les chanteurs tant ils (les japonais) sont enthousiastes, heureux d'être là à faire la fête, mais une fête apaisée, ce qui ne veut pas dire calme...

itadakimasu a dit…

Avec le decalage horaire et la nuit qui tombe tot ca change rien pour ceux qui se produisent. Ils ont l'impression qu'il est tres tard

KS a dit…

Meg est l'ex-femme de Jack.
Et puis moi un jour j'ai été voir les Strokes en Espagne.
Voilà c'était juste histoire de dire que moi aussi je peux être exotique. Mais moins, malheureusement.
Merci d'avoir fait vos courses à la superette, bonne continuation.