dimanche 2 avril 2006
samedi 1 avril 2006
Marion et Yvan sont à Ofuna
Marion et Yvan sont à Tokyo. Ils sont même arrivés de Paris avec un jour d'avance. La raison est qu'ils ont acheté un billet d'avion "open hanami" qui est synchronisé sur la floraison des Sakura, comme ça, impossible de rater les pétales roses, l'avion part quand les bourgeons éclosent. Et cette année c'était un jour avant la date prévue. Ce qui ne les a pas empéchés d'oublier un sac de marchandises de contrebandes en provenance du brésil dans le Narita Express, et d'être obligé d'aller le chercher aux objets trouvés de la gare d'Ofuna. Et c'est parti pour deux semaines de Japon à gogo.Publié par itadakimasu à 10:37 4 commentaires
mercredi 29 mars 2006
Gatorade

J’ai souscri à un abonnement au club voisin, comme lorsque j’étais au pays, car j’aime la gym en salle ; attention, je préfère être claire : c’est pas du sport. Moi ce que j’aime c’est suer sang et eaux sur une musique rythmée et sans mélodie ni poésie ni subtilité, jeter aux murs et aux miroirs mon besoin de gigoter, mon envie irraisonnée de remuer, mes restes d’enfance qui me poussait à faire la toupie, pour m’étourdir et me saoûler ; aujourd’hui c’est pareil je retrouve ces sensations grâce à une désinhibition soudaine et totale (étrangement contractée dans le vestiaire pendant l’échange de la panoplie de ville pour le fitnesswear) qui me permettent de perdre toute dignité en même temps que teint frais et tenue. Je me résorbe entièrement dans mes mouvements, dans la musique et la sueur, dans l’enchaînement, et au mieux, car on n’atteint pas toujours ce nirvana, dans la satisfaction de sentir où ça coince. Ça ressemble à la satisfaction éprouvée lorsque je déniche la crasse derrière les pieds du lavabo pour mieux l’éradiquer ; je deviens alors championne du monde, grisée par le pouvoir, je suis pas chirurgien du miracle ou défenseur de l’opprimé, pas non plus révolutionnaire, mais à mon échelle j’ai fait beaucoup aujourd’hui : j’ai coincé mon gras, ma raideur et mes toxines, et je leur ai dit deux mots entre quatre yeux. L’apogée de cette satisfaction se fait attendre dans un suspens long de 24h, et n’est réellement atteinte que si au réveil suivant les muscles qui ne se souvenaient plus qu’ils habitaient là, me font durement sentir qu’ils ont réintégrés leur fonction première et abandonné l’idée de rester à coincer la bulle entre l’os et les nerfs, par une grève douloureuse qui fait de chaque geste familier tel celui de descendre un escaliers une mini séance de torture pendant laquelle chaque tentative de minimiser le mal par une restriction de mouvement n’est qu’un échelon de plus sur l’échelle du ridicule.
Aujourd’hui donc, je suis le cours de « slim jog » , dont l’intitulé suit la réthorique habituelle consistant à introduire un peu de poésie dans un monde de biscotos. Souvenons nous des délicieux Body shaper, Super forme, Total sculpting beauty.
Madame la professeur est souriante et s’entraîne face à la glace quand j’arrive. Je vérifie la coutume des baskets échue à ce milieu, et pour être sûre de la qualité de mes compagnes à panthère, puisque je ne comprends goutte à ce qu’elle me dit (si ce n’est qu’elle emploie la forme interrogative), elle se courbe et tâte mes petons et j’ai un peu honte d’en arriver là.
Le cours commence alors que nous ne sommes que quatre, et nul retardataire ne viendra grossir la ligne que nous formons face au miroirs. Il y a deux femmes en forme, aux épaules fines et sculptées et une mamie. La prof a des zygomatiques d’acier, elle est méga en forme, elle s’agite et vérifie son sourire qui ne la quitte pas, malgré son rythme effréné, malgré ces paroles qu’elle hurle dans le micro, et malgré la sueur qui lui coule. Elle dispose de tout un matos de chef op. de Broadway, et règle au millimètre l’ambiance sonore et visuelle. Elle ne change jamais de titre pour changer de cadence mais accélère juste, comme je le faisais pour rire quand je tournais le bouton sur 45t alors que le 33 était de rigueur sur mon tourne disque coccinelle (ah on rigolait bien !).
Les tubes sont un peu racornis par les ibiziens de l’avant-avant-avant(ter) dernière génération, c’est-à-dire que même la mère de famille que je suis les a largement entendus, et je suis déçue qu’il n’y ai pas de la fraîche J-Pop mixée au programme.
La prof me matte, elle serait aveugle de ne pas voir la gaijin en jaune qui s’agite en vain et loupe un pas sur deux. J’ai une excuse, je comprends pas un mot, et au lieu d’appréhender les mouvements quand elle les annonce, je ne peux que les suivre quand elle les effectue ; de ce point de vue je suis pas si perdue, mais je fais trublion dans la troupe bien huilée qu’elles forment. Là ou ça se corse, inévitablement, c’est quand je me félicite d’un enchaînement à peu près maîtrisé et qu’ intervient un dernier chassé-croisé-syncopé qui ruine ma concentration ; les trois autres élèves sont impecs, même la mamie est pile dans le « move it, move it » avec ses petits bras et ses demis mambos.
Il faut savoir que la technique ici pour fondre un maximum est de monter le chauffage à chaque début de cours, et quand je dis monter, c’est pousser le chauffage à fond qu’il faut comprendre. Ce qui fait que même quand on ne force pas, on se retrouve liquide, avec l’envie d’une bonne douche et l’illusion d’en avoir bavé, surtout du dos.
Je m’essouffle en pas chassés, bâcle mes demis tours pour reprendre le train en marche, me prends au jeu de l’accélération de la choré’ qui rend fou, « maintenant à gauche! », je ne comprends pas les mots mais ce vieux truc de la symétrie est la dernière astuce des profs de sport pour faire monter la pression à 10mn des étirements, histoire de souder tout le monde dans un accomplissement unique, précis et répété qui nous feraient frères, liant la connivence à la compétition, qui sera le maillon?, qui pourra soutenir la cadence jusqu’au bout?, et nous faire croire avant les regards fuyant des douches (on n’a quand même pas gardé les cochons ensemble), que nous sommes des pros du fitness, et ce point commun nous hypnotise au miroir bien plus que notre propre reflet de dents serrées et de regards accérés mais vides, car la conscience s’est perdue quelque part entre « qu’est-ce que je fais après ? », « faut que je m’achète un nouveau lycra » , et le feed back de soirées d’été dans la boîte du mois d‘aôut, l’âme enfin tranquille qui en profite pour boire un martini sur le sofa puisqu’on ne lui demande rien (pour une fois).
Et bien ici, on ne se regarde pas, on ne partage rien de tout cela. Je quitte les relations humaines quelques instants, pour ne rester qu’un corps et libérer mes neurones afin qu’ils puissent gambader. Les douches sont individuelles, brûlantes et fournies en produits qui moussent, et les cabines d‘habillage, de vraies loges de star du jambon. Je reviendrais, c’est sur, avec un lycra neuf et aussi un vanity bien fourni.
Publié par itadakimasu à 15:46 4 commentaires
mardi 28 mars 2006
Le Japon n'a pas de futur
Non, ce que je veux dire c'est que le Japon n'a pas de futur dans sa langue. Les verbes ne se conjuguent pas au futur en Japonais. Et encore pas plus tard que ce matin, je ne le savais pas.
On ne peut pas dire en Japonais : " demain j'irais manifester contre le CPE".
Par contre on peut dire : "demain je mange un bento, allongé sous un cerisier en fleur".
De même, on ne peut absolument pas traduire correctement la phrase "dans une semaine je serais délégué syndical". Non, il faut se contenter de "dans une semaine je suis délégué syndical".
Enfin un petit tour à la bibliothèque de Yoyogi uehara ou les cocottes ont eut tout le loisir de lire les aventures de BA-BA-PA-PA sans futur et moi de dévorer le dèrnier numéro de gentil caniche mignon magazine au présent et au passé.
Juste avant de vous coucher ne manquez pas cette petite vidéo qui fait tant rire madame ga..Publié par itadakimasu à 21:23 5 commentaires
dimanche 26 mars 2006
Le printemps dans la tête du délégué CGT...
Le printemps est arrivé au Japon (déconne?) et les cerisiers sont en fleurs. Quand la bas, ce sont les coups de triques de la maréchaussée qui fleurissent sur les fronts encagoulés des étudiants et des délegués syndicaux, ici ce sont ces milliers de bourgeons rosés qui s'épanouissent au soleil.

On imagine enfin un délégué CGT en costume cravate de salary man se rendant à son bureau de Shinjuku.


Puis, parce que décidemment on aime beaucoup ça, on passe le dimanche à Kichijoji à faire du pédalo-cygne et à se balader avec Yo.

Ces deux la m'ont fait penser à Mistery train de Jim Jarmusch.
Publié par itadakimasu à 20:23 5 commentaires
vendredi 24 mars 2006
jeudi 23 mars 2006
Pierre Richard en vélo
Hier matin, je partais seul, sans Garance dans mon dos pour me dire allez courage papa!, et avalais sans problème la première côte. Puis j'arrivais pour quelques minutes de repos au feu des pompiers de la Yamate dori. Le feu est très long et j'avais DJ Shadow dans les oreilles. Il faisait beau et je repensais avec un peu de nostalgie à mon enfance et à mon BMX. Oui j'avais un BMX, il était beau et je me suis même cassé le bras avec, mais c'est une autre histoire. Et la, en attendant le feu, une idée absurde m'est venue, j'allais tenter un monoroue à l'arrêt, histoire de tenir l'équilibre avec le frein, à 9h du matin. J'ai très bien tenu l'équilibre pendant 17 secondes puis, au moment de la fin du morceau, j'ai perdu l'équilibre et été projeté en arrière. No problemo avec un vélo, je retombe sur mes pattes mais c'était sans compter sur le siège enfant....Première chute à la Pierre Richard. La honte absolue.
Petit tour de tête, ok personne dans la rue pour rigoler, je remonte en selle et met le pied droit sur le tout petit parapet de béton qui sépare la rue du trottoir. Je me met à penser à la possibilité, non pas d'une île, mais d'une camera de surveillance qui aurait immortalisé l'instant. Si c'était le cas, il était fortement probable qu'un petit malin l'ait diffusé sur le net et que je devienne un star mondial de la honte comme ce pauvre gamin qui imitait le méchant Dark Sidious de la Guerre des étoiles (autant l'appeler Sid Vicious tant qu'on y est), pensant être seul avec lui même et sa conscience à ce moment la.
Et la pour en rajouter une couche, mon pied droit glisse et je me vautre lamentablement sur le trottoir. Tout ceci à l'arrêt bien entendu. Que dire d'autres? que je me suis quand même fait super mal à la cheville... Peut-être rajouterais je qu'en continuant mon chemin j'ai voulu démêler les fils des écouteurs du mon ipod tout en continuant de rouler et que bien entendu ils se sont enroulés dans les rayons de la roue avant...
Pierre Richard, sors de mon corps. S’il te plait…
Publié par itadakimasu à 13:48 6 commentaires
mercredi 22 mars 2006
le conducteur était une femme


Vous l'aurez compris, le mont Takao c'est pas pour les fillettes. Mais quand on a deux fillettes et que l'on veut quand même se le faire, on prends le cable car, et tenez vous bien, le conducteur du cable car était une femme.

La jolie ballade à l'air pur et sous le soleil de ce premier jour du printemps fut accompagnée de Soba, de glaces à la fraise, de japonais en tenue d'alpiniste avec un poste de radio collé à l'oreille (finale de la coupe du monde de baseball) et enfin de singes.

Et puisque E&G sont de très mauvais photographes, voici quelques photos de la journée spécialement pour leurs nombreux lecteurs égarés par ici.


Bon et puis on n'a pas trouvé de macchabé, tant pis on aurait bien aimé, mais ce sera peut être pour la prochaine fois si on a de la chance.
Publié par itadakimasu à 09:34 7 commentaires
lundi 20 mars 2006
Une charogne sur le pas de la porte
Un petit restaurant dans le quartier de Gaienmae accueille ses visiteurs avec une charogne accrochée près de la porte d'entrée. Je ne sais pas très bien de quel animal il s'agit, mais ce qui est sur c'est que c'est une véritable nature morte en décomposition. Ca renarde, ça refoule et c'est pas vraiment très accueillant...
Il y a des gens qui aiment lire, même au Japon. Il y a aussi des gens qui lisent beaucoup et qui, du coup, le soir après plusieurs chapitres du dernier roman d'Alexandre Jardin ont mal au poignet à force de... tenir à bout de bras ce volumineux pavé. Pour ceux la, il existe dans ce beau pays un tout petit accessoire qui permet de s'ennivrer des oeuvres d'Alexandre Jardin jusqu'au bout de la nuit, sans plus jamais souffrir de l'engourdissement des métacarpes ou de la fameuse crampe du pouce.
Il est même possible, grâce à ce petit accessoire, pour les ambidextres ou les plus habiles de tenir son manuel d'Origami d'une main tout en pliant le papier de l'autre.
J'allais oublier de signaler, pour ceux qui n'aiment ni les origamis ni Alexandre Jardin, que ce petit accessoire en plastique bleu peut servir aussi pour soutenir de vrais livres.
Et avant d'aller au lit, une tisane et un mikado au fromage.
Publié par itadakimasu à 20:43 2 commentaires



