lundi 5 juin 2006

Bon anniversaire Madame Gâ

Madame Gâ a eu 12 ans! Alors pour l'occasion on fait un grand gouter d'anniversaire avec quelque amis que l'on aime dans notre maison que l'on aime aussi. On avait tout bien préparé, une montagne de yakitoris, une salade de riz faite par Madame Gâ (m'tress et marion taisez vous) et des bières à gogo avec des ballons de foot dessus. Et puis comme on avait ouvert en grand notre véranda et que ça suffisait pas on a investi la rue du cul de sac et puis on s'est vautré sur le macadam nippon en y versant préalablement quelques gouttes de champagne pour faire plus couleur locale.

Cet aprés midi dans notre cul de sac il y avait E&G, E&B, Z&V et aussi F&S qui sont passés nous voir. Au passage, si vous êtes à Tokyo ce jeudi ruez vous tous à la Japan Foundation pour applaudir Fabienne qui présentera ses travaux de thèse : “First, Abandon the World of Seeming Certainty”: Theory and Practice of the “Camera-based Image” in 1960s Japan”.
Hamtaro est passé prendre un verre aussi.
Et puis Z. a découvert le vélo et comme petit frère il est devenu accro du vélo dans Tokyo.
Mais surtout ce jour mémorable était avant tout l'anniversaire de la Somptueuse Madame Gâ.
Le soir venu, Madame Gâ a soufflé ses bougies posées sur un bien beau gateau. (clic sur la photo..) Et puis elle a eu un très beau cadeau qui, au vu de son sourire lui a fait très plaisir, mais qu'est ce que c'est ?



Très très interessant

Je filme un hamburger, il ne se passe rien, tout va bien.

samedi 3 juin 2006

Un petit vélo dans la tête


Dimanche dernier j'ai décidé d'être un bon père de famille. Les cocottes insistant depuis plusieurs jour pour qu'on les emmène au Kodomonono no shihiro (こどものしろ) le château des enfants. Elles ont commencé par demander à Madame Gâ qui a royalement répondu "Allez demander à votre père". Va pour cette fois, on va y passer l'après midi pendant que Madame Gâ profitera pleinement d'un moment de zénitude (elle est dans sa période bleue) à faire du shopping, tranquille dans Aoyama. Le pire c'est que ca m'amuse d'y aller. Evidemment au bout de quelques heures ça devient plus éprouvant, mais au début ça va.

Au Kodomo no Shiro c'est les classiques du genre, vélo sur la terrasse, peinture sur le grand mur, dessins, toboggan, batterie puis bongos et enfin dinette en compagnie d'Alex et Madeleine les petits copains suisso-américains de l'école de Garance et Judith rencontrés là par hasard (oui, Tokyo est un village). On a beaucoup discuté avec Mélissa la maman américaine de la réunion des mamans de l'école du mercredi d'avant. Madame Gâ avait ésquivé ladite réunion à juste titre. Il s'agissait en fait ni plus ni moins d'un cours de propagande nationaliste et réactionnaire sous couvert de conseils sur la nutrition. On y apprenait entre autres que la nourriture japonaise est bien mieux adaptée à la croissance des enfants et à leur santé que les saloperies occidentales dont le Japon est inondé (ok là ils ont pas forcément tord vu ce qu'ils importent comme saloperies...). Mais ça ne s'arrête pas là, la nutritioniste insistant sur le fait qu'il est très important pour les enfants que la maman ne travaille pas et qu'elle reste à la maison pour servir son mari, oups là ça dérape...Bon, j'ai pas assisté à la réunion mais Mélissa avait l'air d'avoir reçu une bonne douche froide...Ce qui est étrange c'est que ça dénote beaucoup avec ce que l'on connait de l'école et du dévoument sans fin des sensei.

La journée s'est terminée par un défilé de pseudo hôtesses de l'air dans le magasin Spiral qui était décoré, évidemment comme un aréoport. On a pas très bien compris le concept...

jeudi 1 juin 2006

T'as vu, t'as une tête de micro

le soleil dans les yeux


Je chevauchais ce jeudi 1er juin ma monture fidèle et docile dans Uehara, aux environs de 15h.
A Tokyo il fait beau et il commence à faire chaud, c'est à dire que mes bretelles sont redevenues d'actualité. Je devisais avec moi même quant à la demie journée écoulée, à propos de GwenSan, de sobas, du temps qui se fige quand on parle ensemble et qu'on se raconte nos vies.
Je me félicitais d'avoir chassé cette adrénaline surabondante d'hier soir qui m'avait fait voir rouge pour des futilités comme le nettoyage abondant et répété de culottes de petite fille en plein apprentissage, la fatigue de ces demoiselles suite à une journée d'école couplée à l'excitation d'un aprem chez leurs copines (détentrices de trésors innombrables comme leurs dizaines de panoplies de fées princesses et consors) et
la perte d'objets chéris tels stylos, lunettes, et cahier de japonais.
Je me disais qu'aucun jour ne ressemblait à l'autre, et que mes jeudis étaient un carburant en or, o combien précieux pour mes nerfs fragiles.
Et puis j'ai avisé une boulangerie qui offrirait à mes ouailles éreintées un réconfort douillet.
Dans la boulangerie il faisait frais, la demoiselle était tellement souriante que pour un peu j'aurais pu penser qu'elle me draguait, et il y avait de la samba en fond sonore.
Je portais pour contrer la clim présente partout mon petit châle brésilien, mon fétiche qui fait voir le monde en couleur soleil, et je profitais de ce havre frais pour m'exclamer (intérieurement) "mais que demande le peuple!?".
Quand je suis ressortie, j'ai trouvé qu'il faisait chaud, un peu trop pour porter un châle, aussi léger et brésilien soit-il, pour pédaler jusqu'à l'école en espérant par la force de mes petites jambes, contrer un retard minime mais imminent. Je l'ai donc remis par devers moi, dans mon panier arrière.
Je roulais, roulais donc, quand mon vélo soudain s'arrête, comme ça tout seul, sans rien dire alors que je ne lui avais rien demandé. Et quand je me suis arrêté devant le concessionnaire, que je suis descendu et me suis retournée, j'ai vu le cauchemard : mon châle chéri entortillonné jusqu'au dernier millimètre de ses franges de coton autour de ma chaîne....aïaïaïe!!!!
Me voilà donc sous le cagnard de 15h10, accroupie au pied de mon vélo, à tenter de démêler les brins sans les casser, à évaluer une situation pénible : je vais perdre beaucoup de temps à retirer mon châle, qui risque d'être sacrément endommagé, je vais m'user les nerfs à pester contre les fabriquants de vélos qui ne prévoient jamais l'option enroulage accidentel de châle brésilien, à sermoner mentalement le ou les mâles de cette concession automobile qui me voient forcément en panne à travers la vitrine et qui disposent, forcément, en plus de leurs hormones de sauveurs de dame en détresse, des outils adéquats pour faire la peau à cette traîtresse de roue.
Et là le miracle s'est produit.
Je ne me suis pas énervée, non, mais alors pas du tout, parce que, comme je l'ai dit, mon compteur zénitude affichait "plein", que le retard à l'école était de toutes façon consommé, et que le soleil réveillait mon esprit du sud, celui qui met ses orteils en éventail et attend que ça se passe.
Et j'ai alors cru rêver accroupie quand j'ai entendu dans mon dos "Nani arismasu ga?" (mais qu' y a t il?), de ce ton compatissant qu'emploient les bons docteurs avec leurs patients les plus atteints. Il y avait comme dans une pub axe un jeune homme en combinaison zippée de garagiste mais propre et rouge qui me souriait dans le contre jour. Allais-je être ennivrée par des essences de musc viril en me relevant à sa hauteur? Allais jeter mes lunettes à terre comme la fille du spot pour perpétuer le charme?
Je vous rappelle que je n'habite pas dans un spot de vapo aux poncifs éculés, alors évidemment non, ce jeune homme n'était pas là pour crâner toutes aisselles au vent. Il m'a montré la voiture que je n'avais pas entendue à ma droite et qui attendait que je veuille bien bouger mes fesses pour aller se garer sur le parking.
Soit.
Néanmoins, l'homme zippé de rouge m'a gentiment aidé un sourire en coin à démêler l'échevau multicolore, en faisant tout bêtement...rouler la roue en sens inverse.
Je suis repartie un peu humiliée de ne pas y avoir pensé moi même, mais sans me départir de ma bonne humeur vissée aux neurotransmetteurs.

mardi 30 mai 2006

Judith et les carpes

Les carpes ont des grandes bouches et c'est très droôle de les tuter avec un morceau de bois. Elles viennent alors pour voir si par hasard il n'y aurait rien de bon à gober. Ces carpes nous emmènent vers les sublimes photos (et pas que des photos de carpes) de Rinko Kawauchi que nous avons revu samedi dernier au MOT à l'occasion de l'exposition de la collection Cartier. On avait découvert cette photographe Japonaise pendant les rencontres de la photographie d'Arles en 2004. Il y a dans ces photos une atmosphère assez indescriptible mais qui immédiatement nous plonge dans le Japon. Beaucoup de lumières et des objets de la vie Japonaise.




La position du tireur couché

Cette image est la juste pour établir un joli parallèle avec une autre image qui se trouve sur le fameux blog des sushis au chien de E&B.

samedi 27 mai 2006

Kelvin

Le week end dernier avait lieu la design festa, on était à Kyoto alors on l'a ratée. Pour ceux que ça intéresse il y a quelques photos sur le blog de Kissui.
Il y a quelques temps on vous avait parlé des commentaires désobligeants fait par le gouverneur de Tokyo à propos de l'exposition de la collection Cartier au musée d'art contemporain de Tokyo. On est donc allé voir si c'était aussi dégradant que ça. Et on n'a pas été déçu. On avait déja assisté à quelques expositions à la fondation Cartier à Paris, et c'est toujours des exposition remarquables. Et bien la c'était pareil. Notamment il y avait le concept d'avion jet personnel, le Kelvin 40 de Marc Newson. Il est vraiment très beau mais malheureusement il n'a jamais volé et il ne volera jamais.


vendredi 26 mai 2006

Feutre






mercredi 24 mai 2006

Le roi Dagobert


Kyoto c'est l'inverse de Tokyo.


A Kyoto nous sommes touristes redevenus. Guide sous le bras et pansements sur les ampoules de pied, sac à dos et thermos de thé frais, nous avons arpentés le pavé et les ruelles et les boutiques, et les jardins, et le temple. Oui car les temples nous ont boudés, malgré notre bonne volonté et nos plans de bus, impossible de mettre la main dessus. Ah, on a eu l'air fin au retour, de devoir à la systématique question "Kyoto? ah, vous avez du voir le fameux trucbidulechouette tellement célèbre dans le monde entier?" répondre : "non, on l'a pas vu".
Et de devoir affronter alors les mines surprises, voire suspicieuses quant à notre désormais douteux séjour loin de Tokyo.

Le bus roulait doucement et j'ai dormi, nonchalament appuyée sur l'épaule de mon mari, qui assis du bout des fesses gagnait un degré de colère de plus à chaque "ding" de chaque arrêt qui jamais ne fut le notre. On a rebroussé chemin au bout d'une heure, on est patients (enfn en même temps quand on dort), et j'ai aimé cette attente sous l'abribus sur un bord de route de périphérie de ville de province, calme, quasi désert et en bordure de serre. "Oh des légumes !" ont commenté nos citadines de filles.


Mais on a vu aussi des Geishas, jolies et pressées, des majorettes aux jambons costauds qui effectuaient des pirouettes drôlement bluffantes (ceci explique cela), un porte drapeau humilié, des quais bordés de terrasses, des ruelles riquiquies, des shoguns de cire dans leur chateau, des écoliers comme s'il en pleuvait, voyage de classe sans aucun doute, un drôle d'oiseau à nuque jaune doué de parole qui répétait à bec que veux-tu "sugoi ne!", des échoppes dédiées à la feuille absorbante de sébum, à tous les parfums et pour tous les grains.



A Kyoto il y avait du temps, des minutes en rab sorties d'on ne sait où, des journées longues à trottiner le long du chemin des philosphes, des diners charmants et des flaneries sans but.
Des vacances, quoi.