jeudi 1 juin 2006
le soleil dans les yeux

Je chevauchais ce jeudi 1er juin ma monture fidèle et docile dans Uehara, aux environs de 15h.
A Tokyo il fait beau et il commence à faire chaud, c'est à dire que mes bretelles sont redevenues d'actualité. Je devisais avec moi même quant à la demie journée écoulée, à propos de GwenSan, de sobas, du temps qui se fige quand on parle ensemble et qu'on se raconte nos vies.
Je me félicitais d'avoir chassé cette adrénaline surabondante d'hier soir qui m'avait fait voir rouge pour des futilités comme le nettoyage abondant et répété de culottes de petite fille en plein apprentissage, la fatigue de ces demoiselles suite à une journée d'école couplée à l'excitation d'un aprem chez leurs copines (détentrices de trésors innombrables comme leurs dizaines de panoplies de fées princesses et consors) et la perte d'objets chéris tels stylos, lunettes, et cahier de japonais.
Je me disais qu'aucun jour ne ressemblait à l'autre, et que mes jeudis étaient un carburant en or, o combien précieux pour mes nerfs fragiles.
Et puis j'ai avisé une boulangerie qui offrirait à mes ouailles éreintées un réconfort douillet.
Dans la boulangerie il faisait frais, la demoiselle était tellement souriante que pour un peu j'aurais pu penser qu'elle me draguait, et il y avait de la samba en fond sonore.
Je portais pour contrer la clim présente partout mon petit châle brésilien, mon fétiche qui fait voir le monde en couleur soleil, et je profitais de ce havre frais pour m'exclamer (intérieurement) "mais que demande le peuple!?".
Quand je suis ressortie, j'ai trouvé qu'il faisait chaud, un peu trop pour porter un châle, aussi léger et brésilien soit-il, pour pédaler jusqu'à l'école en espérant par la force de mes petites jambes, contrer un retard minime mais imminent. Je l'ai donc remis par devers moi, dans mon panier arrière.
Je roulais, roulais donc, quand mon vélo soudain s'arrête, comme ça tout seul, sans rien dire alors que je ne lui avais rien demandé. Et quand je me suis arrêté devant le concessionnaire, que je suis descendu et me suis retournée, j'ai vu le cauchemard : mon châle chéri entortillonné jusqu'au dernier millimètre de ses franges de coton autour de ma chaîne....aïaïaïe!!!!
Me voilà donc sous le cagnard de 15h10, accroupie au pied de mon vélo, à tenter de démêler les brins sans les casser, à évaluer une situation pénible : je vais perdre beaucoup de temps à retirer mon châle, qui risque d'être sacrément endommagé, je vais m'user les nerfs à pester contre les fabriquants de vélos qui ne prévoient jamais l'option enroulage accidentel de châle brésilien, à sermoner mentalement le ou les mâles de cette concession automobile qui me voient forcément en panne à travers la vitrine et qui disposent, forcément, en plus de leurs hormones de sauveurs de dame en détresse, des outils adéquats pour faire la peau à cette traîtresse de roue.
Et là le miracle s'est produit.
Je ne me suis pas énervée, non, mais alors pas du tout, parce que, comme je l'ai dit, mon compteur zénitude affichait "plein", que le retard à l'école était de toutes façon consommé, et que le soleil réveillait mon esprit du sud, celui qui met ses orteils en éventail et attend que ça se passe.
Et j'ai alors cru rêver accroupie quand j'ai entendu dans mon dos "Nani arismasu ga?" (mais qu' y a t il?), de ce ton compatissant qu'emploient les bons docteurs avec leurs patients les plus atteints. Il y avait comme dans une pub axe un jeune homme en combinaison zippée de garagiste mais propre et rouge qui me souriait dans le contre jour. Allais-je être ennivrée par des essences de musc viril en me relevant à sa hauteur? Allais jeter mes lunettes à terre comme la fille du spot pour perpétuer le charme?
Je vous rappelle que je n'habite pas dans un spot de vapo aux poncifs éculés, alors évidemment non, ce jeune homme n'était pas là pour crâner toutes aisselles au vent. Il m'a montré la voiture que je n'avais pas entendue à ma droite et qui attendait que je veuille bien bouger mes fesses pour aller se garer sur le parking.
Soit.
Néanmoins, l'homme zippé de rouge m'a gentiment aidé un sourire en coin à démêler l'échevau multicolore, en faisant tout bêtement...rouler la roue en sens inverse.
Je suis repartie un peu humiliée de ne pas y avoir pensé moi même, mais sans me départir de ma bonne humeur vissée aux neurotransmetteurs.
Publié par itadakimasu à 21:30 17 commentaires
mardi 30 mai 2006
Judith et les carpes



Publié par itadakimasu à 23:31 7 commentaires
La position du tireur couché
Cette image est la juste pour établir un joli parallèle avec une autre image qui se trouve sur le fameux blog des sushis au chien de E&B.
Publié par itadakimasu à 23:03 1 commentaires
samedi 27 mai 2006
Kelvin
Il y a quelques temps on vous avait parlé des commentaires désobligeants fait par le gouverneur de Tokyo à propos de l'exposition de la collection Cartier au musée d'art contemporain de Tokyo. On est donc allé voir si c'était aussi dégradant que ça. Et on n'a pas été déçu. On avait déja assisté à quelques expositions à la fondation Cartier à Paris, et c'est toujours des exposition remarquables. Et bien la c'était pareil. Notamment il y avait le concept d'avion jet personnel, le Kelvin 40 de Marc Newson. Il est vraiment très beau mais malheureusement il n'a jamais volé et il ne volera jamais.


Publié par itadakimasu à 22:49 4 commentaires
vendredi 26 mai 2006
mercredi 24 mai 2006
Le roi Dagobert

Kyoto c'est l'inverse de Tokyo.
A Kyoto nous sommes touristes redevenus. Guide sous le bras et pansements sur les ampoules de pied, sac à dos et thermos de thé frais, nous avons arpentés le pavé et les ruelles et les boutiques, et les jardins, et le temple. Oui car les temples nous ont boudés, malgré notre bonne volonté et nos plans de bus, impossible de mettre la main dessus. Ah, on a eu l'air fin au retour, de devoir à la systématique question "Kyoto? ah, vous avez du voir le fameux trucbidulechouette tellement célèbre dans le monde entier?" répondre : "non, on l'a pas vu".
Et de devoir affronter alors les mines surprises, voire suspicieuses quant à notre désormais douteux séjour loin de Tokyo.
Le bus roulait doucement et j'ai dormi, nonchalament appuyée sur l'épaule de mon mari, qui assis du bout des fesses gagnait un degré de colère de plus à chaque "ding" de chaque arrêt qui jamais ne fut le notre. On a rebroussé chemin au bout d'une heure, on est patients (enfn en même temps quand on dort), et j'ai aimé cette attente sous l'abribus sur un bord de route de périphérie de ville de province, calme, quasi désert et en bordure de serre. "Oh des légumes !" ont commenté nos citadines de filles.
Mais on a vu aussi des Geishas, jolies et pressées, des majorettes aux jambons costauds qui effectuaient des pirouettes drôlement bluffantes (ceci explique cela), un porte drapeau humilié, des quais bordés de terrasses, des ruelles riquiquies, des shoguns de cire dans leur chateau, des écoliers comme s'il en pleuvait, voyage de classe sans aucun doute, un drôle d'oiseau à nuque jaune doué de parole qui répétait à bec que veux-tu "sugoi ne!", des échoppes dédiées à la feuille absorbante de sébum, à tous les parfums et pour tous les grains.

A Kyoto il y avait du temps, des minutes en rab sorties d'on ne sait où, des journées longues à trottiner le long du chemin des philosphes, des diners charmants et des flaneries sans but.
Des vacances, quoi.
Publié par itadakimasu à 23:02 11 commentaires
Après cet interlude ferroviaire, reprise des activités
Notre golden week à nous c'était le week end dernier à Kyoto, plus le lundi et le mardi tant qu'à faire (puisque moi, je n'ai pas d'élèves....). Juste un petit affolement de dernière minute à cause d'une toute petite erreur de dates. Mais comme la Japan Railways c'est pas la SNCF, tout est possible et le gentil monsieur de la gare de Shinagawa nous a changé nos billets à la dernière minute pour que la petite famille puisse monter dans le gros suppositoire blanc: Le Nozomi.
Kyoto c'est quand même bien la province (ton sarcastique). Et comme dans toutes les villes de province, le seul intérêt ça reste les Starbucks. Ca tombe bien à Kyoto il y en a plein. On a bien sûr pas eu le temps de tous les visiter et on a quand même réussi à ne pas trouver un des plus célèbres : Le Starbucks d'argent. On a juste eu l'impression que tout le monde s'était démerdé pour pas qu'on le trouve. En premier lieu les éditeurs du lonely planet qui placent les quartiers sud au nord du centre, puis les bus municipaux où il n'y a ni plan ni itinéraires et enfin le conducteur du bus qui chuchotait le nom des arrêts en argot du Kyushu pour être sûr qu'on ne comprenne rien. OK, j'essaye un peu de me justifier, mais mon honneur est bafoué : j'ai pas réussi à trouver le Starbucks d'argent. Bon c'est pas comme si des Starbucks on en avait jamais vu, on commence à en avoir déja pas mal au compteur mais quand même il parait que celui là il est vraiment très beau.
Nous ce qui nous plait le plus dans les Starbucks, c'est les jardins qui les entourent. En se promenant autour des petites pièces d'eau garnies de grosses carpes on est très souvent frappés par leur grosses bouches cerclées d'énormes lèvres, un peu comme Emmanuelle Béart ou Meg Ryan mais en moins gros quand même.
Il a fait beau et chaud, et on a lézardé sur un joli petit pont en bois au dessus d'un océan de nénuphars pendant que Garance et Judith essayaient de pêcher des carpes. Puis, un autre jour dans un autre Jardin d'un autre Starbucks, on a gouté à l'amertume d'un thé vert mousseux en regardant tomber la fine pluie de la pré-saison des pluies sur cet arrangement de mousse, de petits ruisseaux qu'enjambent de petits ponts et des galets polis.
Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus, attendez le billet de Madame Gâ qui aura surement un titre moins con que le mien.
Publié par itadakimasu à 21:29 5 commentaires
dimanche 21 mai 2006
Une semaine d'avance
Publié par itadakimasu à 00:29 6 commentaires











