lundi 1 mai 2006

Tu n'as rien vu à Yokohama

Olivier de Kersauson a battu le records du San Francisco - Yokohama à la voile. On s'est dit chouette on va aller voir un joli bateau à Yokohama. Cette passion pour la voile m'est apparue d'un coup, comme ça, un dimanche matin et elle est devenue toute aussi intense que ma passion, bien connue elle, pour les bateaux de guerre. Au final, tout ce qu'on a vu à Yokohama c'est la pluie du mois d'avril et quelques barcasses des gardes cotes. Pas de Geronimo ni de Kersauson.

Alors pour se consoler on est passé au Sakuraya de Shibuya en rentrant et on s'est acheté une télé. On l'a installée, allumée et on a vu ça :






Mei et Satsuki

Judith a eu trois ans et elle est rentrée en classe en mars dernier. Ca vous le savez. Au Japon quand les enfants ont trois ans et qu'ils rentrent en classe les parents reçoivent une convocation pour la visite médicale à la mairie. Nous avons donc reçu une bien belle enveloppe contenant moulte petits papiers colorés remplis de kanjis et une petite fiole en plastique avec un cube-origami en papier plastifié destiné à recueillir quelques gouttes de pipi pour la traditionelle analyse d'urine. Heureusement, les charmantes secrétaires de mon labo m'ont aidé à déchiffrer la curieuse missive et à remplir le questionnaire médical à propos de Judith-chan. Est ce qu'elle va bien, est ce qu'elle joue avec son papa, est ce que son papa et sa maman s'entendent bien, etc. Rendez vous fut donc pris à la mairie de Shibuya un mercredi matin, la petite fiole en main.

La mairie de Shibuya est un modèle d'agencement interieur destiné à nous plonger immédiatement dans une atmosphère "fonctionnaire". C'est surement fait expres. Alors que toute la ville autour n'est que lumières et couleurs vives, modernité et écrans géants, la mairie de Shibuya est faite d'une enfilade de couloirs fadasses et d'open-space ou travaillent des hordes de fonctionnaires tristes, vieux et habillés en beige. Tout cela a du être savamment orchestré pour que l'on ne puisse pas leur reprocher de depenser trop d'argent publique. c'est une peu comme les yakuza qui s'habillent comme les mafieux qu'ils ont vu dans les films pour vraiment ressembler à des mafiosi. la, les dirigeants on du embaucher les gens en fonction de leur apparence de fonctionnaire municipaux et faire appel à un décorateur d'interieur pour donner un look administratif à la mairie d'une des ville les plus riche du monde.

Un petite périple attendait Judith et son papa. Malgré tous nos effort et ceux de Nakatani-sensei, on ne parle pas encore Japonais et les infirmières de la mairie ne parle évidemment que Japonais. Il a fallu faire avec.
Premier niveau : les dents. Brossage des dents avec une pate rouge à la fraise puis petit tour devant un dentiste nippon qui me recommande vivement d'arreter de sucer mon pouce (peut être qu'il parlait de Judith). Puis Judith a du nommer quelques animaux dans un livre, qu'il a fallu que je traduise. Pesage sur une balance Totoro, mesure sous la toise à l'éffigie de Doraemon, auscultation au stethoscope. S'en est suivi une vingtaine de minutes à traduire en japonais les différents vaccins inscrits sur le carnet de santé, Comment dit on diphtérie tétanos polio ou hepatite en japonais? puis le test de vision et d'audition, ou la, il a fallu que je remplace l'infirmière pour chuchoter des questions à Judith en me cachant la bouche à dix mètres d'elle.

On est sorti de la une heure et demie plus tard, avec le carnet de santé remplie de notes en Japonais dans les mauvaises cases. Enfin la bonne nouvelle est que notre petite Judith se porte comme un charme et qu'elle est beaucoup plus sage que la plupart de ses petits copains japonais.

Petite promenade dominicale au musée d'art de Meguro pour y voir la collection de M.Y des esquisses du peintre Shinsui Ito.

mercredi 26 avril 2006

Un peu de cul et beaucoup de chaussures

Cela va se passer de commentaires...



Et pour finir une petite note explicative sur ce que l'on nommait la jeunesse marron et qui en fait se nomme les Ganguro girls, à savoir les shibuyettes cramées de la face à force d'autobronzant.

mardi 25 avril 2006

inspecteur gadget

La rentrée est entamée, depuis un mois presque, et donc, on remet les compteurs à zéro.
Comme tous les ans, les senseis effectuent une visite chez chaque enfant. Comme le Père Noël, sauf que c'est de jour et sans cadeaux.

Dans mon cas, il a fallu trouver à chaque visiste (ben oui, j'ai deux filles et le fait qu'elles soient soeurs et habitent au même endroit n'a visiblement effleuré personne), une maman anglophone pour que je comprenne un peu plus que les grandes lignes.
Je ne savais à quoi m'attendre, surtout après que Yuko m'ai confirmé "c'est bizarre, hein?", parce que je n'étais pas sûre d'avoir compris de quoi il s'agissait et avais à ce moment là les même yeux que les poissons de Tsukiji.

Ont
donc débarqué successivement Yoyoï Sensei, pour Judith, et Shimo Sensei (ayé je connais le nom du "petit Sensei"), pour Garance, chacun dans un habit d'apparat qui m'a laissée pantoise, moi qui les recevait en tatannes, c'est à dire tailleur et costumes cravate, alors qu'une heure avant à l'école ils avaient des pantalons mous et des tabliers Totoro.

Yoyoï Sensei attendait l'arrivée salvatrice de notre Norito-traductrice en chef pour commencer à parler, et nous sommes restées bêtement sans mots dire devant la porte jusqu'à ce qu'elle arrive. Je précise que je l'aurais bien fait rentrer, on aurait même bu un thé, mais ça doit pas se faire, je sais pas, elle a pas voulu. Une fois Norito arrivée, Yoyoï Sensei a sorti sa petite fiche à la Delarue, et a commencé : "Judith joue-t-elle avec son papa?". Des questions commes ça, simples et sans détours ont l'air de pièges pour moi, tant je ne vois ni l'intérêt de poser la question ni celui d'y répondre :"Oui". Je me suis sentie suspecte, surtout quand Norito a rajouté, "oui" c'est une bonne réponse, mais tu peux dire quelque chose en plus si tu veux". Ok, je saisi la nuance, donc je développe, oui judith est proche de son papa, il s'occupe d'elle, et il joue avec elle, les week end, et aussi tous les jours. Yoyoï a tout noté sur sa fiche, ou alors elle faisait son loto, mais en tous cas elle a écrit tout le temps, malgré la platitude de nos propos, que je ne retranscris donc pas ici (si quelqu'un veut un compte rendu, faites le moi savoir je demanderais une photocop à Yoyoï).
Puis salutations d'usages, bye bye et à demain, Yoyoï s'en fut sur son petit vélo, dans la côte qui longe notre maison, en tailleur et talons aiguilles,
la pauvre, sans doute mettre ses notes au propre afin d'en faire un exposé détaillé à la directrice hémiplégique du troisième.

Shimo Sensei quant à lui, est venu aujourd'hui, jour de pluie. Je l'aurais bien fait entrer avec la maman de Kiana (dont je ne connais pas le prénom puisque tout le monde se présente comme "la maman de"), mais n'a pas voulu, malgré la pluie,
le règlement doit formellement l'interdire, il a juste demandé le couloir d'entrée, avec la crainte dans les yeux que je le soupçonne d'outrepasser les bornes. Shimo Sensei est entièrement dévoué à sa tâche, comme jamais de ma vie je n'ai vu un maitre l'être ; et que je te joue avec les enfants, que je te me laisse grimper dessus, faire le petit train et autres choses humiliantes. Shimo Sensei est méthodique et lave TOUS LES JOURS après les "cours" les vitres de TOUTE l'école, dedans ET dehors, et ce, même au deuxième étage, ce qui l'oblige à faire des accrobaties sur le toit pour frotter le petit coin à gauche. Et bien même un chiffon à la main et un pied dans le vide, Shimo Sensei fait coucou aux enfants qui l'appellent d'en bas, avec le sourire s'il vous plait. J'en ai connu qui aurait fait "z'allez me laisser sales gosses, voyez pas que chuis occupé ?!"
Avec Garance, Shimo Seinsei joue au ballon ou à la pelleteuse pour construire un méga tunnel dans le bac à terre, il la console quand elle est triste, s'assure qu'elle comprend ce qu'on lui demande et boutonne avec amour sa veste jusqu'en haut, et
se met au français.


Alors imaginez un peu ce qui s'est produit cette après midi sur mon porche (la pluie avait cessé), dans la tête et le coeur de Shimo Sensei, quand je lui ai rapporté les mots de Garance d'il y a quelques jours : "Mon endroit préféré du monde c'est l'école!".
Shimo a rit avec une expression divine de mission accomplie, il a croisé ses mains, il les a ensuite tapoté sur son torse en hochant la tête, avec pleins de petits onomatopées de contentement. La maman de Kiana a dit "He's very happy!".
Pas besoin de traduction....

lundi 24 avril 2006

La préhension du chapeau de l'écolière

Attention petite fille avec de jolies couettes, si tu prends le métro et que tu attends l'arrivée de la rame sur ce quai glacial (brulant), il se peut qu'il y ait du vent. Et si il y a beaucoup de vent, il se peut également que par malchance ton chapeau d'écolière ne s'envole et tombe sur les rails, tout en bas. Dans ce cas de figure, petite écolière, tu peux être tentée d'aller le rechercher de toi même, en sautant sur les rails au mépris du danger. C'est très mal petite écolière, sache le. Dans ce cas la, petite écolière tu ferais mieux de courir chercher le chef de gare, celui avec la belle casquette, les gants blancs, la cravate et cet air fier des cheminots nippons. Il viendra à ton secours, petite écolière, avec sa longue pince à ramasser les chapeaux pour récuperer ton précieux couvre chef. Alors, et seulement alors, tu pourra prendre ton métro pour rejoindre ton école. C'EST COMPRIS!

La grande classe

Encore une belle sortie du gouverneur de Tokyo, Shintaro Ishihara, lors de la cérémonie d'ouverture de l'exposition de la collection Cartier au MO+.

Pour apprendre à connaitre un peu mieux l'animal, rien de mieux que de lire un florilège de ses plus belles déclarations :
Le français étant une langue inapte au calcul, il est tout à fait normal qu'elle soit disqualifiée comme langue internationale. Certains individus qui s'accrochent à une telle langue manifestent une opposition infructueuse (à la suppression de l'actuelle Université municipale et à la création d'une nouvelle université). C'est ridicule, et ne mérite même pas d'être pris en considération.

“l’inutilité des femmes après la ménopause”
“D’apres un spécialiste en biologie, le pire, la chose la plus nuisible qu’ a produite la civilisation , ces sont les vioques, car il est inutile et même coupable que ces femmes qui n’ont plus la capacité reproductrice survivent. Les femmes, après la ménopause sont incapables de donner naissance, tandis que les hommes ont une capacité procréatrice intacte, même à l’âge de 80 ans, voire de 90 ans. Que ces femmes-là ont la vie dure, comme Kin-san et Gin-san(les jumelles japonaises très populaires qui ont vécu au-delà de 100 ans.), c’est un abus pour la planète, n’est-ce pas.”
Je suis nationaliste. Ceux qui ne comprennent pas ce qu'est l'identité japonaise sont incapables de représenter le pays au sein de la communauté internationale
Il est impossible qu’avec les moyens de l’époque l’armée japonaise ai réussi à tuer, comme le prétend Pékin, 400 000 civils chinois en 6 semaines. à propos de l’orgie de massacres auxquels s’est livrée l’armée nippone à Nankin, en 1937.

On peut aussi rappeler que Shintaro Ishihara est un ami de l'ignoble moustachu John Bolton.

vendredi 21 avril 2006

Petites jambes dans le reflet de la grosse boule

Il a fait chaud ce dimanche là. Alors on est allé à Ueno comme ca, bètement, pour rien. Et qu'est ce qu'on a fait à Ueno? on a mangé.
On a mangé des okonomiyaki au gout d'oreilles de chien, puis des Yakisoba. Ensuite comme il faisait beau on s'est envoyé un cornet de patates douces frites sucrées.
Il y avait du monde à Ueno ce jour la, on s'est promené sur les bords de l'étang et on a gouté un peu de l'énorme Barbapapa de Garance.
Par contre, on le regrette un petit peu, on n'a pas eu le courage d'essayer les sucettes au poisson frit, ça aurait surement fait très plaisir au monsieur à la grosse joue.

mercredi 19 avril 2006

De la bombe

Yvan et marion sont retournés dans notre beau pays. Ils ont beaucoup voyagés, ils ont vu Hiroshima (...tu n'as rien vu à Hiroshima...), les Sakura et le mont Fuji. Ils ont goutés les okonomiyaki et appris à aimer le thé vert. Marion et Yvan ont deambulés avec nous dans les petites rues de Harajuku, ils ont vu Kyoto et Nikko. Mais ce qu'ils ont préféré, et de loin, c'est le simulateur de cheval.



Yvan va surement m'en vouloir à vie d'avoir publié ça, mais d'un autre côté il est maintenant à 12 000 km d'ici....

Meat is murder











Et pour finir en beauté cette balade matinale à Tsukiji on se doit d'écouter la sublime reprise de meat is murder des Smiths par K.I.M.

Tsukiji, le plus grand marché aux poissons du monde (dixit lonely planet, mais on veux bien le croire), où arrivent, remuant ou congelés, les plus beaux spécimens marins....

mardi 18 avril 2006

Life on mars

Aujourd'hui mardi, il fait beau et chaud. Le printemps se serait-il enfin décidé à venir nous voir?
En vélo, Tokyo quand il fait beau, ça devient magique. J'enfourche mon destrier et roule au hasard, parce que mon ipod a bon goût et que le soleil est bien agréable. J'ai sorti ma première phrase en japonais hier, la première officielle et sans filet, c'est à dire adressé à un japonais qui ne parle que japonais, le petit Sensei ; j'ai dit "je voudrais prolonger demain jusqu'à 14h l'école pour Garance et Judith s'il vous plait", et chose incroyable, il m'a compris ! Ca a l'air dur comme ça mais il faut savoir que la concision de cette langue permet de dire tout ça en cinq mots seulement...
Donc j'ai le temps de flâner aujourd'hui. Mais pas trop loin non plus, je suis encore sortie sans plan...donc petite boucle pour retrouver la route familière, et hop, direction Tokyu hands. Marion et Yvan se sont envolés hier et je me suis dit qu'une petite virée shopping serait nécessaire, après ces bons moments ensemble, histoire de renouer en douceur avec la routine sans copains...

Je retrouve mon criterium visé dimanche, qui change de mine par la force de la pensée (ou presque), mais le délaisse pour un modèle avec gomme (d'autant que j'ai trouvé des recharges de gommes de toutes les couleurs). Je rôde loongtemps, du rayon jardin où je me décide pour des graines de tomates cerises, au rayon papeterie, en passant par le fascinant rayon boites et rangements (sans rien acheter, un exploit), pour finir au rayon beaux arts où faute de carton à dessins, je m'achète des petites palettes rondes et blanches. Je ressors avec tous ces sacs, un peu déçue de ne pas avoir trouvé un truc, un je ne sais quoi pour fêter l'arrivée future du nouveau bébé.
Non je ne suis pas enceinte, maman lâche ton téléphone. Par discrétion, je tairais le nom de la jeune maman, qui seule, saura se reconnaitre (FELICITATION!!!!), et tout le monde va alors cogiter sec, c'est quiiiiii? suspens...

Et puis j'ai posé mes fesses au soleil de la pelouse du Yoyogi koen, un sandwich club d'une main, mon Biba (merci Marion!) de l'autre. Exquis.
Faut comprendre que ce sont mes premieres heures de liberté depuis quasiment un mois, 4h sans fillottes, et j'ai retrouvé le silence, sans justification de ce que je fais et pourquoi et quand et viens voir comme je danse bien, où est mon doudou, et ouin mon winnie est tout sal-eu!!

Un beau mardi qui me rend mon insouciance et ma légèreté, et du même coup, qui rend aux filles une maman calme et détendue, qui en plus, a pensé à acheter de nouveaux stickers et des cahiers de coloriages. La fête.

Par contre, terminons façon chiennes de garde, pour témoigner que le machisme, la goujaterie et la mesquinerie n'ont pas de frontières...