mercredi 22 mars 2006

le conducteur était une femme

Un homme de taille moyenne (170cm), de corpulence moyenne et d'un âge certain a disparu depuis le 30 Novembre 2005, entre 10h30 et 12h30 aux alentours du mont Takao. Ce brave homme (ou peut être, après tout n'était il pas du tout brave) était surement parti faire des photos de papillons avec un appareil photo très compliqué et très cher en bandoulière autour du cou. Les autorités pensent qu'il aura surement "dévissé", comme disent les grenoblois, et s'est probablement tordu l'échine contre un Sakura après avoir rebondi contre un roc en tentant de prendre en photo un papillon ou un singe. Le mont Takao cache probablement un macchabé quelquepart, à moins que les esprits de la forêt, tres nombreux avec leurs gros nez ne se soient deja occupés du corps du randonneur disparu.

C'est pour essayer de faire progresser l'énigme que nous avons décidé de nous rendre au mont Takao en compagnie de véritables hussards de l'alpinisme que sont nos amis E&G.

Le mont Takao est une bien belle montagne de pas loin de 600 metres. Ok j'entends deja les grenoblois et même certains auvergnats qui se marrent déja. 600 mètres d'altitude c'est beaucoup plus bas que la moindre petite motte de terre autour de Grenoble et même plus bas que la vénérable Loge des Gardes, bien connue des amateurs de pentes bien raides du coté de Clermont Ferrand.

Vous l'aurez compris, le mont Takao c'est pas pour les fillettes. Mais quand on a deux fillettes et que l'on veut quand même se le faire, on prends le cable car, et tenez vous bien, le conducteur du cable car était une femme.

La jolie ballade à l'air pur et sous le soleil de ce premier jour du printemps fut accompagnée de Soba, de glaces à la fraise, de japonais en tenue d'alpiniste avec un poste de radio collé à l'oreille (finale de la coupe du monde de baseball) et enfin de singes.


Et puisque E&G sont de très mauvais photographes, voici quelques photos de la journée spécialement pour leurs nombreux lecteurs égarés par ici.


Bon et puis on n'a pas trouvé de macchabé, tant pis on aurait bien aimé, mais ce sera peut être pour la prochaine fois si on a de la chance.

lundi 20 mars 2006

Une charogne sur le pas de la porte

Un petit restaurant dans le quartier de Gaienmae accueille ses visiteurs avec une charogne accrochée près de la porte d'entrée. Je ne sais pas très bien de quel animal il s'agit, mais ce qui est sur c'est que c'est une véritable nature morte en décomposition. Ca renarde, ça refoule et c'est pas vraiment très accueillant...

Il y a des gens qui aiment lire, même au Japon. Il y a aussi des gens qui lisent beaucoup et qui, du coup, le soir après plusieurs chapitres du dernier roman d'Alexandre Jardin ont mal au poignet à force de... tenir à bout de bras ce volumineux pavé. Pour ceux la, il existe dans ce beau pays un tout petit accessoire qui permet de s'ennivrer des oeuvres d'Alexandre Jardin jusqu'au bout de la nuit, sans plus jamais souffrir de l'engourdissement des métacarpes ou de la fameuse crampe du pouce.

Il est même possible, grâce à ce petit accessoire, pour les ambidextres ou les plus habiles de tenir son manuel d'Origami d'une main tout en pliant le papier de l'autre.
J'allais oublier de signaler, pour ceux qui n'aiment ni les origamis ni Alexandre Jardin, que ce petit accessoire en plastique bleu peut servir aussi pour soutenir de vrais livres.

Et avant d'aller au lit, une tisane et un mikado au fromage.

samedi 18 mars 2006

Le cerisier de Matsumura

Et voici le Sakura, le cerisier du Japon, de l'école de Garance. Il est en fleur.

De la difference dans les strategies d'orientation

Un étude très serieuse, parue dans le volume 119 de la revue Behavioral Neuroscience* prétend que les homosexuels lisent les cartes comme des femmes...Ce travail de haute qualité scientifique a été rondement mené par une équipe anglaise, et là pour une fois je n'y suis pour rien.

Que penser de cela ? Est ce une débauche d'homophobie mélée de machisme? Faut il croire la rigueur des méthodes de la neuroscience moderne allié à une confiance aveugle en la statistique ou se poser quelques questions?

La vie au Japon, peut nous amener quelques éléments de réponses puisque :
  1. Comme vous devez le savoir, au Japon il n'y a pas de nom de rue et trouver une adresse suivant la méthode des numéros de chome, de bloc et de maison peut se reveler un veritable problème. D'ou le recours très fréquent aux cartes ou au GPS si l'on est un chauffeur de taxi.
  2. Comme vous ne le savez surement pas, à par Hard Gay à la télé il n'y a pas de gays au Japon, du moins officiellement. Tout comme il n'y a pas de grippe aviaire, de maladie de la vache folle, de tremblante du mouton, de sirhose du dindon ou de gastro-entérite du Tanuki. Il n'y a pas non plus de Sida ni de corruption...

Alors comment fait le garçon pour trouver son chemin au Japon? il étudie longuement la carte, regarde la direction (le nord n'étant pratiquement jamais en haut de la carte, quelque soit la carte), il essaye de reperer le soleil, estime les distances, recoupe des informations, lis les numeros de blocs sur les murs et se represente dans sa petite tete les lignes de métro. En aucun cas, et la j'insiste, Jamais au grand JAMAIS il n'ira demander son chemin à un passant, de surcroit à un passant Japonais.


En corollaire, comment Madame fait elle pour trouver le chemin qui la mènera au magasin GAP tant convoité? Madame repère sur la carte l'emplacement de l'am/pm le plus proche de sa situation présente, s'y rends puis essaye de trouver du regard le Starbucks qui est censé se trouver à peu près non loin du GAP convoité puis en desespoir de cause demandera son chemin à une mémé-san dodécacentenaire ou à un représentant de la jeunesse marron**.

OK vous allez me dire, ca sent le vécu tout cela, mais que l'on me flagelle tout nu devant la gare de Shibuya si il n'y a quand meme pas une part de vrai dans tout cela.

Quant à savoir quelle technique les gays utilisent, alors la j'en sais rien et je m'en fout*** un peu pour tout vous dire.

*Q.Rahman, D. Andersson, E.Govier, A Specific Sexual Orientation-Related Difference in Navigation Strategy, in Behavioral Neuroscience. 2005 Feb Vol 119(1) 311-316.
**Pour ceux qui ne savent pas ce qu'est la jeunesse marron, il n'ont qu'a le demander.
***et que ceux qui n'aiment ni la mer, ni la montagne ni la campagne aillent se faire foutre.

mardi 14 mars 2006

Tranche de dimanche

J'ai acheté un chapeau dimanche, un chapeau de mère grand, un chapeau-cloche, un chapeau pour traverser le pont qui mène sur l'ile d'Enoshima, le Lourdes local. Le vent était tel que j'ai pensé que mes oreilles allaient se figer, geler puis tomber ensuite dans le silence le plus angoissant qui soit (et avec un petit ralentit dramatique).


J'ai pensé aussi que peut être mes filles allaient s'envoler comme des crêpes sans que nous n'ayons le temps de les plaquer au sol, ou encore, de façon plus réaliste, que l'une d'entre elle allait vouloir courir pour rattrapper un doudou, une casquette ou un trésor ramassé par terre et tomber dans la mer grise sous nos yeux horrifiés. Moi qui suis toujours d'une franchise un peu brute, j'ai dit aux filles "quand vous courez si près de l'eau j'ai peur de vous voir tomber car je ne sais pas si j'aurais le courage d'aller vous chercher".

Non c'est pas du chantage, c'est la vérite vraie. D'ailleur Benoit et moi on a débattu ensuite sur le fait que justement j'irais, oui, même avec ce froid, même avec mes oreilles froides et mon chapeau tout neuf, même avec mon 6 au bac en natation option plonger-chercher-le manequin-sans-membres-puis-rétro-pédaler-pour-le-ramener-au-bord. Et dire qu'à l'époque j'étais en tenue, entrainée, dans une eau claire calme et chaude...

Donc on a posé des bougie au bouddha du haut de la colline, en lui demandant de nous épargner le bouillon pour aujourd'hui ; j'ai failli être impressionnée par l'atmosphère zen, l'introspection et la pudeur ambiante, sauf que raté, j'ai vu les nombreux packs d'Ebisu sagement alignés dans le temple. Offrande parait-il...alors ensuite j'ai quitté mon oeil plein de piété pour ces moines et n'ai vu d'eux que ce magnifique pantalon turquoise porté à la négligé ; qui bouffe et plisse et accompagne à merveille le rythme des pas...ne voyant pas comment obtenir les infos nécessaires pour m'en procurer un, je me suis rabattue sur des mini tongs pour nos fillottes, parce que, et là je pense toujours à mon papa, pendant que Benoit admire le dragon, moi je trépigne sur le mode "magasins, magasins, magasins"...


Mais j'exagère un peu parce que j'ai bien apprécié les marches, et la fontaine du-dit dragon, les piécettes qu'on lance pour espérer gagner des souhaits, les grelots que l'on fait tinter du bout de la corde, la vue du sommet et l'arbre à voeux ; les ballons-moulins à vent des filles qui faisaient un bruit de mobylette quand ils marchaient à plein régime, la végétation d'estampes et les falaises abruptes.


La ballade s'est ponctuée de rencontres, celle de shibuyettes égarées, de mama-san touchantes en tabliers et de statues rouges et imposantes. Des minounes farouches, des touristes par dizaines, des mangeurs de poisson séché-écrasé qui empestaient la rue, des attendris de nos fillottes.
Puis le train retour a été une romance (de par son nom de romance car), et nous sommes rentrés chez nous abrutis de vents et repus de notre journée.


Personnellement je ne rajouterais à ce descriptif que deux mots :

fesses en cuir et arbre à couilles


Et pour Margot, une photo des pantalons des moines (de dos et de loin....désolé)


Et un moine pété de rire (on ne sait pas très bien pourquoi en fait...)

Art parietal

Alors que l'on rentrait à la maison, épuisés par une journée entière de trek urbain, nous sommes passés par le Parco. Le Parco étant un complexe de grands magasins de luxe à Shibuya. En marchant dans la petite rue qui débouche sur la plus grande rue, mon oeil de lynx est attiré par un jeune homme masqué (ok, rien de très original à Tokyo) en train de peindre sur le mur, et ça c'est peu courant...En fait ce monsieur était en train de peindre une publicité. Plutôt que de la coller à la vas-y-comme-je-te-pousse une affiche papier 4x3, ce jeune homme était tranquillement en train de reproduire une photo de pub avec force réalisme. Je vous laisse juger sur pièce.

Belle pièce hein! je lui trouve quand même un air un peu niais avec cette bouche ouverte.
Je trouve personnellement l'idée plutot sympathique. La visibilité de la pub est sûrement plus grande qu'une pauvre affiche, voir même qu'un écran super Jumbo comme il y en a tant dans ce coin de la terre. Et en plus cela fait travailler un peintre et quelque part valorise la performance manuelle. Imaginez le nombre d'emploi crées en France si l'on obligeait les publicités murales à etre peintes à la main... Plus un seul élève des Beaux arts au chômage, formation accélérée à la peinture chez manpower... Meme les typos et lettrages sont faits au pinceau.

Au passage une petite appli web assez drôle pour composer des tableaux de toute beauté, c'est chez Veer, et en plus on peut mettre des baleines.

On continue avec des images assez dures à supporter, il s'agit ici en effet d'un des premiers cas de maltraitance de robots quadripèdes. C'est chez l'excellent Wohba.


On monte?

samedi 11 mars 2006

lauren from Nashville

Lauren, notre Texanne préférée est venue nous voir à Tokyo depuis Nashville, Tenessee. Un petit rappel pour ceux qui ne suivaient pas. Nous avons connu Lauren l'an dernier par une petite annonce de baby sitting sur internet, elle est ensuite venue à Grenoble tous les mercredi garder Judith-chan pendant que Garance allait faire ses entrechats en tutu rose de princesse.

Et puis Lauren est tellement charmante qu'elle est devenue notre amie et qu'elle est passée nous voir au Japon. Pour voir si on s'habituait à vivre comme des immigrés, comme elle l'a été pendant une année a Gre.
Lauren aime les glaces et les gâteaux.

Lauren s'est envolée samedi matin. On l'a emmené au bus orange de l'hotel Excell puis on s'est sentis tout cons, comme à chaque fois que quelqu'un nous quitte. Nous on reste parce qu'on habite ici, mais en meme temps c'est pas vraiment chez nous. Bien que l'on connaisse maintenant toutes les ruelles du quartier, on change de regard quand on les arpente avec des amis qui, eux les découvrent pour la premiere fois. Alors pour se consoler on est aller en vélo à Simokitazawa pour une balade de fin de journée. Devant le magasin LUSH il y avait une fille qui jouait avec de la mousse de savon. Evidemment les filles ont accourues et ont soufflé sur la mousse pendant 30 minutes en aspergeant tous les passants.

Benoît san m'a appris un nouveau mot qui, paraît-il, existe réellement : c'est le mot tatamisation.
Ca ressemble à tatanne, certes, et c'est rigolo pareil. On dit que les gaidjins sont tatamisés, du mot tatami sur lesquels on dort, quand ils ne supportent plus de porter autre chose que des chaussettes à doigts, ne mangent plus que des ramens en faisant force slurps de satisfaction, se mettent à détester Uncle Ben's et sont incappables de resquiller dans le métro.


j'ai appris ce mot à l'occasion de la venue de Lauren, avec qui on dînait donc, et à qui on parlait des tous ces visages pâles venus conquérir le pays des prunes salées. J'ai dormi sur ce mot tranquillement, et le lendemain, qui était le jour du départ de Lauren, j'ai commencé à cogiter sec. Lauren avait ses valises pleines de souvenirs et de cadeaux pour sa famille, son billet d'avion dans sa poche, et elle rentrait chez elle. Je me suis alors souvenu que moi je n'étais en fait pas chez moi, malgré ma connaissance de shibyua, ma routine quotidienne, l'indifférence que j'accorde aux japoniaiseries qui ont fait faire "woua" à Lauren.

Je me suis rendue compte que je ne mangeais qu'avec des baguettes, et ce, même si on dîne à la maison (sauf si c'est de la soupe), que j'étais accro à la douche sans chauffage et au bain brulant dans une baignoire profonde et sans mousse, que les magasins de chaussettes et autres collants sans pieds sont mes chouchous pour la vie alors que j'ai auparavant toujours haï ces trucs informes qu'on se colle aux pieds pour qu'ils ne deviennent pas bleus et dont la seule fantaisie est de s'orner de motifs idiots qui de toutes façons, même cachées sous des baskets hype, jureront avec tout ce que l'on portera. J'ai un cendrier de poche et suis capable de trainer avec moi mes mégots pendant des kilomètres si je ne l'ai pas pris. Je suis fan des distributeurs de boissons, pro du vélo à gauche et sur le trottoir, assidue aux lingettes et autres serviettes de poches (j'en ai encore acheté des Miffy, bien sur), je démarre une collection de bento (boite à déjeuner), et comble du comble, suis entrée pour la première fois chez Viron, fameuse boulangerie de Shibuya, mais française, oui madame, tellement française qu'on guette le p'tit air d'accordéon....avec Lauren.

Par effet de miroir auprès de Lauren, je me suis souvenue que je n'étais pas de là, que mes yeux, quoi qu'on en disent ne sont pas bridés, mes cheveux pas noirs et que mon pays n'était pas celui-là. Que j'avais du mal à m'habiller ici, car entre les tailles (aïeaïeaïe) et la mode (crumcrumcrum), je ne trouvais pas chaussure à mon pied. Et de voir les ravissantes ballerines de Lauren m'a rapellé que moi aussi j'adorais en porter, et en acheter plein de paires, alors qu'ici je projette de craquer pour un modèle pointu rose à paillettes ou des chaussures d'ouvrier (à doigts). C'est drôle, mais j'avais presque oublié tout cela.


Merci Lauren de ta visite, on a passé de bons moments, et surtout, merci Lauren de nous avoir dit qu'on était...français!

vendredi 10 mars 2006

Production intense de cérumen

Ca y est, on le sait maintenant. Ca faisait pas mal de temps qu'on le sentait, au fil des discussions avec les mamans de l'école jusqu'aux rumeurs des couloirs de l'université de Tokyo. Il n' y a plus de doutes à avoir :


Donc pour résumer il y a le gène responsable des sécretions de cérumen sèches (à l'oeuvre au Japon) et le gène des sécretions grasses qui sevit en Europe.

Le cérumen est la graisse jaunâtre que l'on trouve dans les oreilles. Il sert à lubrifier le tympan qui sinon deviendrait dur et rigide comme un proviseur de lycée de province et n'assurerait plus de façon assez fine sa fonction de transmission du son. Normalement il s'écoule spontanément du conduit et se répand comme la peste sur les oreillers. Mais il est parfois trop épais et s'accumule dans le conduit pour former, à la longue, un bouchon, parfois gros comme le pouce. Il est souvent aidé en cela par l'utilisation intempestive des Cotons-Tiges (à prohiber absolument).

Je vais commencer à penser que l'on est vraiment differend...

Rencontré au hasard de mon parcours du combattant dans ma quète de billets de concerts, ce jeune homme qui jouait tranquillement de la guitare au Tower records.

Sauf qu'il jouait de la guitare dans un caisson en verre et qu'il ne bougeait pas beaucoup.

Pour finir en beauté ce billet a caractère scientifique, la japonaise à bonnet de la semaine.