mercredi 23 novembre 2005
mardi 22 novembre 2005
Heidi
Akihabara c'est le repère des Otaku, qui sont de jeunes vieux garçons japonais qui passent leur vie à contempler les objets de leur désirs que sont leur ordinateur et leur collection de figurine d'idoles japonaise. Bien évidemment Akihabara est leur endroit puisqu'il y a la la plus grande concentration au monde de magasins d'ordinateurs et de figurines en plastique. On y est allé pour voir et aussi pour acheter une palette graphique pour les cocottes (les 3) puissent dessiner sur l'ordi.
On a passé une heure dans un magasin de figurines à claquer plein de yens puis on a admiré dans la rue ces magnifiques japonaises déguisées en Heidi, en robe de servante 19eme sexy. Il fait frais à Tokyo en ce moment (quand même pas les -9°C d'Aurillac mais quand même), et les pauvres étaient plantées en plein milieu de la rue à distribuer des flyers de pub devant une cinquantaine d'otaku munis de leur gros... appareil numérique à shooter comme des malades. Et elles se pelaient les Heidi, les cuisses bleues en témoignaient. Je ne sais pas vraiment d'ou viens cette passion qu'on les japonais pour les tenues de soubrettes 19eme, j'ai demandé à mes collègues sans obtenir de réponses. C'est quand même assez étrange qu'un peuple entier fantasme sur le même mode, c'est un peu comme si on voyait le samedi apres midi sur les parkings de carrouf ou de cora des midinettes déguisées en bigoudaines avec porte jarretelles en train de défiler devant un parterre de garçons la langue pendante.




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samedi 19 novembre 2005
Goth
Bref, il est deux heures, mes collègues dorment, et une voie masculine, assez grave, retentit dans le haut-parleur. Ici il y a des haut parleurs partout pour pouvoir donner l’alarme tremblement de terre, à moins que ce soit pour pouvoir, au cas où diffuser le dernier single de Sirubi Barutan au Japon entier. En plus tous les soirs a cinq heure pile ils essayent leur système audio en envoyant une petite musique, qui en général n’est pas du Sirubi Barutan. Donc, revenons à l’essentiel, je suis dans mon bureau et la voie grave me dis en japonais puis en anglais que je dois sortir immédiatement de l’immeuble parce qu’ils font un exercice sécurité incendie. Alors là, ni une ni deux moi je réveille mon copain de bureau et je lui dis Banco, on y va tous ensemble, dans un esprit de corps et de franche camaraderie. Et là, il me réponds du tac au tac, vas-y man, moi je suis de corvée nettoyage de la salle blanche et donc j’en suis dispensé, et tous les autres aussi prétextent une excuse a 100 yens. Donc me voilà, brave garçon sur le terrain de foot de l’IIS en compagnie de 600 japonais, aligne en rang en train d’écouter le directeur de l’IIS déguisé en pompiers en train de parler, et je ne sais pas de quoi. Au final tout ceci n’est vraiment pas très intéressant, et je ne sais pas non plus pourquoi je vous en parle. Il y avait, ceci dit, un exercice de simulation de tremblement de terre et un parcours dans une tente enfumée. Et bien non, je n’ai pas essayé.

Avant de terminer cet post inintéressant au possible, une information pour relever le niveau, quand il fait froid a Tokyo les jeunes Goth japonais n’ont pas honte de porter une couverture Winnie l’ourson. J’espère que cela vous donnera espoir.

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jeudi 17 novembre 2005
beaujolpif
Au fur et a mesure de la soirée j’ai vu mes collègues passer du jaune au pivoine puis au carmin. Gaëlle m’as rejoint avec les filles qui se sont très bien tenues (pas de cacapute ni de cacaboudin ce soir). Je leur ai fait visiter mon bureau composé d’un amoncellement d’ordinateurs, de tenues de Kendo, de tatanes en plastique caca d’oie et de cartons plein à craquer de mangas. Puis je suis retourné finir les fonds bouteilles. A 20 heures précises, Toshiyoshi sensei a frappé dans ses mains, et tout le monde s’est mis a ranger frénétiquement et à aspirer la moquette, la salle a retrouvé sa fraîcheur en moins de dix minutes. Il restait juste dans les couloirs de l’institut cette entêtante odeur de vinasse.Tout cela est fort sympathique, mais je suis conscient du fait que je risque de lasser certaines de nos lectrices en ne montrant pas de photos de miss kitty, alors voila pour m'excuser :
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mardi 15 novembre 2005
Alors, c'est la guerre?
Comment expliquer aux japonais ce qu'il se passe en France. Ils ne comprennent pas, vraiment pas. Au Japon un tel phénomène est impensable. Il est bien sur idiot de vouloir comparer deux pays qui n’ont pas la même histoire, mais le décalage est quand même vraiment surprenant. Au Japon on peut laisser traîner de l'argent par terre et revenir le récupérer la semaine suivante, au même endroit. Ici il n'y a pas de système antivol dans les magasins, il n' y a pas non plus de vols ni de banlieue, pas de voitures qui brûlent ni de CRS. Au Japon, il n' y a pas de balayeurs qui balayent la rue puisque ici on ne jette pas ses mégots par terre, et on ramasse les crottes de son teckel à poil long. Il y a quand même des policiers, la koban, il y a aussi des types en uniformes partout qui surveillent, dans les parkings, dans le métro, devant les magasins, mais il ne se passe jamais rien alors ils se morfondent. Ici la police affiche dans les rues les informations et statistiques des crimes et délits. Il y a eut 5 vols pendant le mois de septembre dans un des arrondissement de Tokyo (qui est sûrement plus peuplé que Paris). Alors comment leur expliquer qu'en France les jeunes brûlent les voitures, les écoles et les bus. Le décalage est trop important. Ce matin Norito, une jeune maman japonaise francophone de l’école de Garance a demandé à Gaëlle : « Alors, en France, c’est la guerre? Et tu n’as pas peur pour ta famille? ». Ce à quoi Gaëlle a répondu qu’une grande partie de sa famille était responsable des émeutes violentes et des centaines de voitures calcinées à St Sylvestre Pragoulin. Alors Norito a répondu « So desu ka? », c’est-à-dire « ah bon? ». De mon coté c’est la même chose, mes collègues quand ils ne font pas V avec les doigts, me regardent droit dans les yeux avec un air affligé et me demandent « Mais ils se passe quoi en France? », s’ensuit une longue tirade qui commence par la fracture sociale, le mal être des banlieues et l’échec de l’intégration républicaine et finit en concluant que c’est la faute des Anglais. Puis après quelques instants de réflexion et en se grattant la tête, ils me proposent de goûter un petit gâteau à la pâte de riz fourré de purée de haricot rouges.La politique au Japon, ça se résume souvent à ça:
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lundi 14 novembre 2005
Salière poussin
Comme nous sommes d’attentionnés parents, nous avons décidé de prendre soin de nos filles. On a commencé par aller déjeuner chez Cheval qui est, je le rappelle pour ceux qui ne suivent pas, notre restaurant préféré. Et, puisque les frimas commencent à arriver (quelque part entre les -3°C de paris et des 31°C de Fortaleza) on est parti à la Mecque des mioches que l’on peut aussi se plaire à nommer le palais de la marmaille ou le temple des chiards. Il s’agit de Akachan Hompo. C’est, vous l’aurez compris un magasin et cela se situe à quelques centaines de mètres de la station Gotanda sur la Yamanote line. Gotanda ça ressemble a Godzilla et ça reste dans la tete. Garance-chan et Judith-chan ont passé l’après midi a dire Gotanda toutes les cinq secondes en l’utilisant à la place de n’importe quel mot (comme schtroumph), un peu usant à la longue. Et comme les cocottes rentrent à l’école il leur faut un trousseau d’école, et au japon c’est pas n’importe quoi le trousseau d’école. On a donc acheté des petites serviettes, des bentos, des tabliers, des lego, une couette, une gourde, un poussin salière pour mettre de l’œuf en poudre, des gobelets à sauce pour le bento, des coussins de siège, une housse de couette rose, une sorte de coussin que l’on doit se mettre sur la tête quand le lombric géant qui habite sous le japon remue un peu, deux paires de baskets avec miss kitty dessus et deux paires de bottes roses.

On est évidemment ressortis avec deux monstrueux sacs en plastique de plusieurs mètres cubes que l’on a accroché à la poussette. Avec ça on avait à peu près l’encombrement d’un char Leclerc (mais sans le canon). Et il a fallu rentrer en métro en passant bien sur par Shibuya à l’heure de pointe, un samedi.
On est épuisé mais nos cocottes sont belles.

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dimanche 13 novembre 2005
Thé vert moussant
Il existe cependant au mileu de la jungle urbaine de Tokyo des petits jardins japonais d'une rare beauté et dont l'entrée est payante. C'est donc dans une de ces ilots de verdure du quartier Shiodome que nous avons mangés nos onigiri et yaki soba dimanche dernier. Allonges ur une petite bute sous un arbre nous avons contemplé le va et vient des bateaux et des helicoptères dans la baie de Tokyo. Les filles en ont profité pour pratiquer leur sport favori, à savoir faire tourner en bourique leur parents en se renversant de la compote sur les genoux et en se roulant dans les feuilles mortes ensuite. Pour calmer le jeu nous nous sommes rendu dans la magnifique petite maison sur pilotis au milieu de l'étang pour y deguster un thé vert.

Dans une ambiance tres japonaise on s'agenouille pieds nus sur un tatamis et on deguste le the vert moussant avec un tout petit gateau à la pate de riz en forme de lotus. Pour peu on se serait cru dans la pub obao (la dame toute nue en moins cependant). Tout cela c'est sans compter sur judith-chan et sa grande soeur qui ont reussit à faire de ce moment de plénitude un veritable cauchemar. Non seulement cocotte numero deux a reussit, profitant d'un microseconde d'innatention de notre part, à s'empifrer les deux petits gateaux à la pate de riz en forme de lotus (et cela bien sur sous les regards attendris des japonaises qui hurlaient kawai ne) puis l'instant d'apres d'aller provoquer sa soeur dans un combat de catch sur la terasse en teck en ayant bien pris soin auparavant de chourre une de ces magnifique paire de tatanne en plastique cacadoie. Le pater familias a été obligé d'intervenir pour separer la mélée et de retour au tatamis il s'est aperçu qu'on lui avait debarassé son plateau avec son bol de thé vert moussant qu'il n'avait pas eu le temps d'entammer. Merci les filles. Je t'en foutrais des kawai ne!

Petit jeu : La petite famille va déjeuner chez dexee dinner, qui est un tres joli petit restaurant de Shibuya ou l'on peut manger en lisant une quantité incroyable de magazines de mode et de livres d'art. De quoi traite le magazine que Gaelle-san a choisit?
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samedi 12 novembre 2005
special kitty pour kika





Ok cette dernière photo n'a aucun rapport avec Miss Kitty mais je n'ai pas pu m'empecher de vous la montrer
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vendredi 11 novembre 2005
Fuji-san
Les journées scientifiques françaises sont organisées par le conseil scientifique de l’ambassade de France au japon pour fédérer la communauté scientifique française et mettre en relation les jeunes chercheurs avec les entreprises. Bref beaucoup de bla bla pour pas grand chose. Il y a eu une séance de posters avec des sujets portant sur tous les domaines. Dont notamment une étude sur les coliques du nourrisson au japon, une analyse épidémiologique des avortements au japon ainsi que des travaux en micro économie sur les négoce des fruits et légumes au japon. Ce fut quand même l’occasion de rencontrer un ancien collègue de l’université de Montpellier que je n’avais pas vu depuis 10 ans (James, le pote de ded, de cachalot et de bipbip).
Tout cela m’ayant un peu porté sur l’estomac, je suis tombe sur ceci.

Oui c’est des gogues traditionnels nippons et non je ne les ai pas essayés.
et pour terminer sur quelque chose de plus poetique voici le Fuji-san que j'ai pu apercevoir du haut de l'IIS.
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jeudi 10 novembre 2005
Patates douces


Le mois de novembre est doux bleu et ensoleillé, et c'est sans un nuage que nous allons à l'école chaque matin depuis quasiment une semaine, Judith Garance et moi.
Matsumumura Youchien, elle s'apelle comme ça, est un repère de mamans qui viennent bavarder longuement dans la cour pendant que les enfants jouent avec les sensei. Les sensei jouent vraiment, ils ne sont pas regoupés en comité sous le préau à se commenter le film de la veille, d'ailleur il n'y a pas de préau. Ils lancent le ballon, font sauter les petites filles à la corde, chahutent avec les garçons, tout cela avec une bonhomie qui fait plaisir à voir. Ils ont tous leurs habits de travail, qui est le même au japon pour tout le monde : le tablier. Dans les restaurants, les épiceries, les cafés et chez les fleuristes, chacun porte un tablier qui ressemble comme un frère à nos tabliers de cuisine et qui semble là, non pour se protéger de salissures éventuelles, d'ailleur il est toujours propre, mais plutôt pour dire "là je bosse". Et à Matsumura, c'est un festival de tissus pocchaco, miss kitty et poussin mignon, surement censé signifier "là je bosse avec des enfants".
On va dire que c'est de la poésie japonaise ; je crois surtout que les enfants habitués depuis toujours à être nus pieds (je vois beaucoup de bébés pieds nus), sont immunisés contre les rhumes...
Toujours est-il que je dois trouver à Garance une paire de ces fameux collants sans pieds qui commencent à trouver grâce à mes yeux, étant donné que sa tenue favorite est la jupe ou la robe et que Tegawa San (la comptable, qui, étiquettée par ses collègues comme anglophone -alors qu'elle est visiblement en train d'apprendre- se charge de me transmettre les messages importants), m'a demandé hier de mettre Garance pieds nus afin qu'elle ne glisse pas sur le parquet des couloirs.

Dans ce marasme de fournitures indispensables, je demande de l'aide à Miyuki, Tomoko ou Norito, trois charmantes mamans qui parlent anglais pour la première, et français pour les deux autres. Miyuki me tient informée des principaux évènements et me fait des petites fiches.
C'est ainsi grâce-à cause de ces petites fiches que j'ai atterri hier à la réunion hebdomadaire des mamans qui se tient chaque deuxième mercredi dans la pièce principale. Miyuki ne m'a pas traduit en simultanée cette réunion de deux heures(!!), c'était trop compliqué.
La directrice était là, trônant sur son fauteuil roulant au coeur d'un cercle de mamans agenouillées par terre, micro en main. Puis on a distribué des livres, comme des petits bréviaires... Oh, oh, je me suis dit. Puis Petit Sensei, que j'appelle ainsi car je ne connais pas son nom et qui est un petit homme au visage enfantin, est arrivé, avec son tablier Totoro, s'est installé au piano, et à commencé à jouer. Miyuki m'a tendu un bréviaire en me disant "maintenant on chante".
Et bien non je n'ai pas chanté, même si au bout de quatre reprises le refrain commençait à m'être familier. J'ai juste commencé à me demander pourquoi j'étais venue.
Et puis la directrice a pris la parole. Et ça a duré longtemps. Puis les mamans ont tour à tour pris le micro. Ca avait l'air cocasse, chaque maman y allant de sa blagounette, les autres riant à gorge déployées. Que se racontaient-elles, des anecdotes d'enfants, des jeux de mots, des blagues sur les gaidjins?
Miyuki m'a expliqué que la directrice avait fait un speech sur l'éducation des enfants, un genre de morale quoi. Puis s'est excusée de m'avoir proposé de venir en me disant que je pouvais ne pas assister aux prochaines séances. Bonne nouvelle. De toutes façon je l'avais déjà décidé.


Chaque matin Garance monte dans sa classe déposer son uniforme et enfiler son tablier, puis redescend dans la cour avec les autres enfants. Pas d'attroupement "oh une européenne", ni de rejet non plus. Parfois une petite fille s'approche et tente de l'entraîner, parois Petit Sensei lui donne une pelle et lui montre comment creuser un beau trou dans le bac à sable, parfois elle fait de la balançoire avec un groupe hilare. Dans la matinée les enfants chantent, font de la pate à modeler ou du dessin ; celui de Garance est très différent des autres, plus "accompli" ; Miyuki l'a remarqué, et Mihori Sensei aussi, m'a dit "nice color!". Garance est heureuse de dessiner et me dit qu'elle aime les histoires de la maitresse, me dit qu'elle a compris une phrase, et me dit qu'elle a plein d'amis. J'ai peur qu'elle veuille me rassurer, alors je cesse de lui dire qu'il faudra du temsp, je demande juste "tu t'ennuies?", et elle "oui, un peu", "tu veux y retourner demain?":"ouii!".
Chaque matin Garance cherche Sumiko Sensei, qui la guide et l'accompagne depuis le début. Aujourd'hui elle était occupée ailleurs et Garance était un peu perdue, "maman tu t'en vas? ", petit menton et grands yeux humides, alors je suis restée. Quand elle a été prête, je suis partie, et j'ai aperçu en fermant la porte Garance courir et sauter dans les bras de sa sensei, ravie.
Publié par itadakimasu à 20:51 1 commentaires



