jeudi 10 novembre 2005

Patates douces


Le mois de novembre est doux bleu et ensoleillé, et c'est sans un nuage que nous allons à l'école chaque matin depuis quasiment une semaine, Judith Garance et moi.

Matsumumura Youchien, elle s'apelle comme ça, est un repère de mamans qui viennent bavarder longuement dans la cour pendant que les enfants jouent avec les sensei. Les sensei jouent vraiment, ils ne sont pas regoupés en comité sous le préau à se commenter le film de la veille, d'ailleur il n'y a pas de préau. Ils lancent le ballon, font sauter les petites filles à la corde, chahutent avec les garçons, tout cela avec une bonhomie qui fait plaisir à voir. Ils ont tous leurs habits de travail, qui est le même au japon pour tout le monde : le tablier. Dans les restaurants, les épiceries, les cafés et chez les fleuristes, chacun porte un tablier qui ressemble comme un frère à nos tabliers de cuisine et qui semble là, non pour se protéger de salissures éventuelles, d'ailleur il est toujours propre, mais plutôt pour dire "là je bosse". Et à Matsumura, c'est un festival de tissus pocchaco, miss kitty et poussin mignon, surement censé signifier "là je bosse avec des enfants".


(Garance Judith et Colin pendant la fête du sport, Undokaï)

La cour est orientée plein sud et on a presque chaud tant le soleil donne. Ca me rassure un peu, car les enfants jouent pieds nus sur la terre battue ; ce n'est pas obligatoire, mais étant donné qu'ils sont pieds nus dans l'école, ils se rechaussent rarement pour sortir. Mihori Sensei m'a expliqué pendant l'un de nos entretients qu'il y avait sous l'école un puit où l'eau fraiche en été et chaude en hiver, assurait une température agréable et permettait donc d'être pieds nus quelle que soit la saison sans avoir froid. Magique. J'ai un peu tiqué, cela m'a rapelé la théorie de la directrice d'une autre école visitée avant de choisir Matsumura, théorie qui affirmait que l'école n'avait jamais été touchée par aucun tremblement de terre grâce aux racines de l'arbre bienveillant de la cour qui tenaient le sol. Mouais.
On va dire que c'est de la poésie japonaise ; je crois surtout que les enfants habitués depuis toujours à être nus pieds (je vois beaucoup de bébés pieds nus), sont immunisés contre les rhumes...
(la cour de l'école)

Toujours est-il que je dois trouver à Garance une paire de ces fameux collants sans pieds qui commencent à trouver grâce à mes yeux, étant donné que sa tenue favorite est la jupe ou la robe et que Tegawa San (la comptable, qui, étiquettée par ses collègues comme anglophone -alors qu'elle est visiblement en train d'apprendre- se charge de me transmettre les messages importants), m'a demandé hier de mettre Garance pieds nus afin qu'elle ne glisse pas sur le parquet des couloirs.


Dans ce marasme de fournitures indispensables, je demande de l'aide à Miyuki, Tomoko ou Norito, trois charmantes mamans qui parlent anglais pour la première, et français pour les deux autres. Miyuki me tient informée des principaux évènements et me fait des petites fiches.
C'est ainsi grâce-à cause de ces petites fiches que j'ai atterri hier à la réunion hebdomadaire des mamans qui se tient chaque deuxième mercredi dans la pièce principale. Miyuki ne m'a pas traduit en simultanée cette réunion de deux heures(!!), c'était trop compliqué.
La directrice était là, trônant sur son fauteuil roulant au coeur d'un cercle de mamans agenouillées par terre, micro en main. Puis on a distribué des livres, comme des petits bréviaires... Oh, oh, je me suis dit. Puis Petit Sensei, que j'appelle ainsi car je ne connais pas son nom et qui est un petit homme au visage enfantin, est arrivé, avec son tablier Totoro, s'est installé au piano, et à commencé à jouer. Miyuki m'a tendu un bréviaire en me disant "maintenant on chante".
Et bien non je n'ai pas chanté, même si au bout de quatre reprises le refrain commençait à m'être familier. J'ai juste commencé à me demander pourquoi j'étais venue.
Et puis la directrice a pris la parole. Et ça a duré longtemps. Puis les mamans ont tour à tour pris le micro. Ca avait l'air cocasse, chaque maman y allant de sa blagounette, les autres riant à gorge déployées. Que se racontaient-elles, des anecdotes d'enfants, des jeux de mots, des blagues sur les gaidjins?
Miyuki m'a expliqué que la directrice avait fait un speech sur l'éducation des enfants, un genre de morale quoi. Puis s'est excusée de m'avoir proposé de venir en me disant que je pouvais ne pas assister aux prochaines séances. Bonne nouvelle. De toutes façon je l'avais déjà décidé.


Chaque matin Garance monte dans sa classe déposer son uniforme et enfiler son tablier, puis redescend dans la cour avec les autres enfants. Pas d'attroupement "oh une européenne", ni de rejet non plus. Parfois une petite fille s'approche et tente de l'entraîner, parois Petit Sensei lui donne une pelle et lui montre comment creuser un beau trou dans le bac à sable, parfois elle fait de la balançoire avec un groupe hilare. Dans la matinée les enfants chantent, font de la pate à modeler ou du dessin ; celui de Garance est très différent des autres, plus "accompli" ; Miyuki l'a remarqué, et Mihori Sensei aussi, m'a dit "nice color!". Garance est heureuse de dessiner et me dit qu'elle aime les histoires de la maitresse, me dit qu'elle a compris une phrase, et me dit qu'elle a plein d'amis. J'ai peur qu'elle veuille me rassurer, alors je cesse de lui dire qu'il faudra du temsp, je demande juste "tu t'ennuies?", et elle "oui, un peu", "tu veux y retourner demain?":"ouii!".

Chaque matin Garance cherche Sumiko Sensei, qui la guide et l'accompagne depuis le début. Aujourd'hui elle était occupée ailleurs et Garance était un peu perdue, "maman tu t'en vas? ", petit menton et grands yeux humides, alors je suis restée. Quand elle a été prête, je suis partie, et j'ai aperçu en fermant la porte Garance courir et sauter dans les bras de sa sensei, ravie.

mardi 8 novembre 2005

pancake à la chataigne


Fin d'aprem gentillette, dessins et chansons picoti.... Voici venu le moment de montrer un peu notre appartement: (mais va falloir cliquer sur les photos pour y voir quelque chose)
Donc là c'est la pièce principale, sachant que ce montage photo façon cubiste, évoque une vue à 360° .

Voici notre salle de bain, tout le monde aura compris (dans le trou noir à gauche de la porte vitré, dernier montage, photo du milieu).

La chambre des damoiselles....non, non, j'ai pas rangé pour la photo, ceux qui se demandent "où sont les jouets, où est le bronx?", sont priés de se référer à la vue du salon...

Enfin, notre chambre, à la japonaise, plantée au milieu du salon avec ses portes en papier coulissantes et ses deux entrées...est-ce clair?

Et pour plus tard les photos d'école...
un indice? Garance est ra-vie!

lundi 7 novembre 2005

berlingots à l'anis


Demain c'est la rentrée!!! J'ai une boule dans le ventre et les mains moites!
Heureusement, c'est pas moi qui rentre, c'est notre Garance qui va tester la maternelle japonaise. Et c'est vraiment une expérience!

La maternelle, ici, s'apelle "kidergarten", pourquoi en allemand, je ne sais, mais ce nom de jardin d'enfant est assez parlant en ce qui concerne le gouffre qui sépare ce système du notre.

Par exemple, ici, les enfants commencent l'école à 9h30 ; ca c'est plutôt une bonne nouvelle pour la famille Charlot, parce qu'on n'est résolument pas du matin. Exemple encore, les enfants font ensuite un marathon : et hop! deux tours de paté de maison, avec les instit en tête, un truc inimaginable en France...et puis ils rentrent fourbus et bien calmés (je crois que c'est ça le but ), se raffraichissent, et se déchaussent pour rentrer en classe. Ils sont très mignons, je les ai vus lors de nos nombreuses visites à l'école, ils ont tous un tablier, cousue par leur gentille maman plutôy habile de ses main, c'est très bariolé.

Un exemple encore, les enfants ici ne travaillent pas, non. Quelle horreur! une des sensei (maitresses) m'a dit avoir entendu parler de nos écoles et elle était tout bonnement horrifiée par ces looongues journées qu'accomplissent les petits français ; cela s'est traduit par un petit rire poli mais éloquent censé signifier à quel point elle ne comprenait pas. Ici les enfants sont rois, je n'ai jamais vu depuis deux mois que nous sommes ici, un enfant se faire réprimander par qui que ce soit, et encore moins à l'école. Et le plus étonnant, c'est que je n'ai pas vu non plus de bêtises de la part des enfants. Il n'y a que les petites Charlot qui se font remarquer partout où elles passent....

L'école, c'est le complément de l'éducation apporté par la famille à ses enfants qui le méritent bien, car ils sont naturellement bons, ça c'est la directrice qui me l'a dit, le jour de l'inscription. Contre toute attente, et comme dans un film d'Hitchcock, la directrice est une très vieille dame (en tous cas trop vieille pour-à priori- diriger quoi que ce soit) hémiplégique qui habite le dernier étage de l'école.
Mais ici, ce n'est pas pareil, elle ne côtoie pas d'oiseaux empaillés, non, elle est douce, aimable et sage, attachante comme une grand mère, elle participe à toutes les fêtes de l'école (et il y en a un paquet, au moins une par mois). Quand nous partons, elle tient à serrer la main de Garance et je sens qu'on vient de passer une étape décisive dans la démarche d'inscription.

Les paperasses à remplir, si elles étaient en français, seraient laborieuses et pénibles ; là, c'est en japonais, en kanji, il y a plein de pattes de mouches entremêlées, chacune valant pour une phrase. Heureusement, Odile, française habitant au japon depuis 20 ans, a joué les traductrices pour moi. Il a fallu, en plus des noms et date de naissance, indiquer, entre autre, le caractère de Garance, nos priorités en matière d'éducation, ses aliments détestés et ses vaccins, notre numéro de compte en banque, mon âge, et si l'accouchement s'était bien passé (si, si), comment Garance bébé a été nourrie, et combien de temps, le nom de ses amis, une photo de famille, et dessiner le chemin qui va de chez nous à l'école, ses principaux défauts et qualités, en quoi elle aide à la maison, et question subsidiaire, pourquoi avoir choisi cette école. En kanji. Une aprem entière avec Odile à dépouiller des pattes de mouche.

Puis il a fallu préparer le sac de Garance, ou plutôt les sacs :
dans un grand sac que l'école lui prête en attendant que sa maman lui en fasse un (merci bien), il y a son grand cahier de dessin, sa boîte à pâte à modeler, ses ciseaux, ses crayons, sa boîte pour la colle, sa brosse à dent pour après le déjeuner. Dans une petite besace en simili cuir bleu, ravissante d'ailleur, il y a le tablier que l'école lui prête en attendant que sa maman lui en fasse un (merci beaucoup), serviette, carnet de présence, et le bento (boite de déjeuner), ainsi que son gobelet dans son étui (que sa maman devait lui faire mais qu'elle a déniché à la brocante, faut pas charier). Et notre demoiselle arborera fièrement sur le trajet de l'école son ensemble bleu marine, veste et chapeau, badgés de l'école. Le tout marqué de son nom. En japonais. Chaque article, chaque revers de cahier. Il paraît qu'il faut le faire sur chaque crayon aussi, mais là je vais faire la gaidjin ignorante...


Bref, tout est prêt, il n'y a plus qu'à y aller, il n'y a plus qu'à voir comment Garance va s'y plaire. Je ne veux pas vendre la peau de l'ours, car ça ne va pas être évident au début, tous ces mots japonais qui vont fuser autour de ses petites oreilles, toutes ces habitudes si différentes. Mais, ici, on l'a dit et c'est vrai, les gens sont gentils, et les enfants aussi. Les petites filles ont entouré Garance lors de nos nombreuses visites, se sont occupé d'elle pendant que je discutais avec la maitresse et elles étaient très douces. Et Garance, ravie, est revenue me voir en criant "Maman, j'ai des copines ! elles ont des JUPES!".

Comme quoi...

samedi 5 novembre 2005

coucourdes, citrouilles, coloquintes et potirons

Choses promises, choses dues voici halloween avec un étudiant japonais très mal déguisé en Soupideulouman. Notez au passage, comme détaillé dans les messages précédents, les doigts écartés en forme de V.

Comme c'était notre premier Halloween , on n'a pas vraiment de points de comparaison. Vous dire si Halloween à Tokyo a une saveur différente de celui pratiqué dans d'autres pays serait difficile. On a fait le tour du quartier avec le petit copain de Garance, Colin, et ses parents. Les filles ont attrapé une quantité incroyable de bonbons qu'elles se sont empréssées d'engloutir. Et on a rencontré, au détour d'une ruelle : La main. La main a remplacée le loup, le fantome et le monstre gluant assoifé de sang dans les cauchemars de ces cocottes. La main est une main en plastique, verte, et qui bouge toute seule en faisant hihihihi....Et la main a beaucoup impréssionné notre petite Judith qui nous en reparle régulièrement depuis. Merci halloween.

Vendredi matin, puisqu’il faisait beau nous sommes allés à la kuyakusho de Shibuya (la mairie) pour faire le changement d’adresse de la sécurité sociale (qui s’appelle ici le National Health Insurance). Formalités torchées en vingt et une minute( ceux qui ont déjà fait la queue à la caisse d’allocation familiale en France apprécieront). Et en sortant de la mairie de Shibuya, oh quelle joie c’est la fête au village. On ne sait pas vraiment pourquoi il y avait la fête, peut être sans raison, parce que les japonais aiment faire la fête.
Sur le parvis de la mairie, chaque corps de métier avait son stand. Les poubellistes exposaient fièrement leur beau camion bleu. Ils ont d’ailleurs offert des petits camions poubelles aux filles et ont tenu absolument à les faire poser devant la camion pour une photo. La déchetterie nous a expliqué comment trier nos poubelles et nous a offert du compost (merci). Les filles ont jouées à la pêche à la ligne sur le stand du service de retraitement des eaux usées de Shibuya et ont gagnées des micro poissons rouge dans une bouteille (merci). Quand les japonais se mettent à l’écologie, ça rigole pas… Le jour ou ils vont décider qu’ils en ont marre des voitures ça va chier…On a ensuite continué devant les studios de la NHK (la télé nationale) ou il y avait aussi une espèce de fête du village avec lâché de gamins et de poussettes. On y a dégusté des Soba et des onigiri et on en a profité pour faire nos courses, des asticots et un potiron de 60kg (note pour le grenoblois : imaginez la tête du gros sale du marché de l'estacade si il voyait ca!!. Tout un hiver a manger de la soupe au potiron...)

Pour finir, un fameux trois mats en légumes.

vendredi 4 novembre 2005

Bratwurst

Nous sommes donc le 3 Novembre et pour fêter ça, on a décidé avec toute la famille de se rendre dans une taverne munichoise et de boire de la bière. Mais avant cela, le 3 Novembre au Japon c'est un jour férié. C'est le jour de la culture, ou chaque japonais se doit d'aller se cultiver. Certains vont au musée d'autres jouer au golf mais la plupart vont se cultiver au pachinko. Mais cela, moi qui suis déjà très cultivé, je ne le savais pas. J'ai donc enfourché mon vélo flambant neuf ce matin et j'ai pédalé jusqu'a l'université. La grande grille de l'entrée était fermée, ça aurait du m'alerter, et bien non, j'ai continué. La porte de l'institut des sciences industrielles aussi était fermée, qu'importe j'avais mon badge. La porte du bureau Ee311 était fermée et les lumières éteintes, pas grave, j'ai la clé et je sait même ou se trouve l'interrupteur. Assis à mon bureau je me suis enfin demandé pourquoi j'étais seul, et j'ai trouvé la réponse dans mon petit agenda rouge à la couverture en croûte de cuir. Ce jour la était en rouge, c'est un jour férié. J'ai profité de ma solitude dans le bureau pour lire une quantité incroyable de manga pornographiques laissés dans des cartons par mes prédécesseurs puis pas chercher ou mes collègues cachaient leur petites culottes de collégiennes, sans succès. (la dernière phrase est une pure invention, ndlr).

Apres quelques e-mails, je retrouvais femme et enfants pour un petit picnic d'onigiri dans le parc de Shoto. Puis après quelques tours de balançoires, et comme c'était la journée de la culture on a décidé d'aller visiter les deux musées du quartier, respectivement le Shoto Museum of Art et le Toguri Museum en espérant secrètement y trouver une rétrospective Matthew Barney ou quelque chose dans le goût. Raté on est tombé deux fois de suite sur une exposition de céramiques de l'ère Meiji, autrement dit de la vaisselle, des bols et des assiettes. Et comme moi la vaisselle j'aime pas, on n'y a pas mis les pieds. Retour à la maison pour une sieste enfantine que ces demoiselles ont décliné. C’est donc vers Ginza que nous nous sommes dirigés en métro (Chiyoda line jusqu’à Omote-sando puis Ginza line jusqu’à Ginza). Petite ballade à l’Apple store pour y acheter des chaussettes à iPod, petit tour dans une galerie d’art que l’on peut louer à la semaine (c’est très cher, mais en même temps c’est à Ginza), petite escapade devant les beaux magasins Hermès, Vuitton et Prada et pour finir un magasin de jouets de 4 étages pour ces demoiselles.

Évidemment, tout cet étalage de miss kitty et de totoro ça donne soif alors on s’est dirigé vers la brasserie lion pour que Gaëlle puisse enfin boire de la bière, ce qui était quand même le but de la journée.
Demain je vous raconterais comment on a fêté halloween avec un étudiant très mal déguisé en spider man.
suspens..

mercredi 2 novembre 2005

V

Les japonais sont différents de nous, ils sont gentils. Mais il n'y a pas que ça, il y a aussi les gestes. Les japonais ont des gestes et des mouvements du corps différends. Ils comptent sur leurs doigts en les refermant, ils se touchent le nez pour dire moi. Ils se cachent la bouche pour parler dans leur portable et ils traînent des pieds. Ca encore c'est pas trop grave. Ce qui est beaucoup plus dérangeant c'est ce réflexe inné qu'ils ont de faire V avec les doigts des qu'ils sentent la présence d'un objectif d'appareil photo ou autre caméra. Avec la présence d'appareils photos dans tous les téléphones portables, ça devient très problématique pour eux. Comment être sur qu'on ne me prends pas en photo? Est ce que je pourrai lever les mains l'air et faire le V assez rapidement pour être sur la photo? C'est d'ailleurs pour ça que les téléphones émettent un bruit d'appareil photo quand on prend une photo. On en arrive à des scènes assez drôles quand, dans un métro bondé, vous dégainez votre portable, le montez à hauteur d'oeil et faites semblant de cadrer. Aussitôt les gens se retournent vers sous et vous présentent leurs doigts écartés le plus ostensiblement possible. Et quand ils s'aperçoivent tous que c'était une feinte, ils regagnent leur position de plus basse énergie très rapidement. Application pratique, je suis dans la salle des microscopes au labo et je dégaine mon portable pour faire un petit cliché à la va-vite de la cuve à ultra vide. J'ai a peine enclenché la fonction digital caméra que mon collègue se jette par terre, littéralement, à coté de la cuve à ultra vide et me jette ses deux doigts en forme de V en plein devant l'objectif de mon Vodafone 902T.

Les anglais font souvent la même chose, mais en vous présentant le dos de la main, ça a une toute autre signification mais je n'entrerais pas dans ce sujet...Pour finir en beauté quelques tubes:

Addendum : Jeudi soir, dans le métro je les ai eu de vitesse avec mon moba phone, j'ai pris la photo sans qu'aucun n'ait eu le temps de sortir ses doigts....

lundi 31 octobre 2005

Dick Rivers

Samedi on en a eu marre de répondre systématiquement non à la question « avez-vous un téléphone mobile ? » et de paraître comme un extra terrestre ou un paysan ardéchois à Shibuya. Donc on est allé manger chez Cheval. Cheval est un très bon restaurant japonais et en plus Cheval est beau. On l’appelle comme cela, Cheval, parce que l’on ne sait pas lire son nom et que sur la carte il y a un dessin de Cheval. Ceci dit, pour 1000 yens on a obtenu un lunch set à se rouler par terre (ce que Garance et Judith n'ont pas manqué de faire...). Puis direction chez Vodafone pour s’acheter des Keitai (moba phone). On a pris un modèle très perfectionné mais quand même pas celui qui as le GPS intégré, parce que il était très cher. Ceci dit le notre a quand même un appareil photo assez bon et on peut se téléphoner en vidéo etc. etc…Le plus drôle c’est que l’on ne capte pas chez nous… toutes les vitres sont renforcées par une armature métallique (because earthquake) alors ça fait cage de Faraday. Et apparemment on n’est pas les seul dans ce cas la.

Dimanche comme c’était dimanche on a décidé de faire notre promenade dominicale (notez la construction de cette phrase…) et nous sommes allés à Odaiba, qui est presque une île dans la baie de tokyo. On y va en prenant la Yamanote line jusqu'à Shimbashi puis ensuite un métro aérien automatique qui passe sur le rainbow bridge. L’endroit est assez impressionnant et change radicalement par rapport aux petites ruelles du centre de Tokyo. Tout est immense. A Odaiba il y a des petites plages, des sortes de bateaux mouches (dont un déssiné par Leiji Matsumoto, le créateur de Goldorak), une statue de la liberté miniature et de grandes promenades en bord de mer.

Les filles ont jouées dans le sable avec pelles et rateaux qu’elles ont trouvées dans une grosse boite mise à disposition de tous sur la plage, (durée de vie d’une initiative comme ça en France : 10 minutes), ici tout le monde remet les jouets dans la boite en partant. En marchant on est tombé sur toys’r’us, donc passage forcé au rayon des Barbies et des princesses. Au détour d’un rayon on est tombé sur ceci :

Un coffret McDonald pour bien conditionner les petits à leur futur job. On en a acheté quelques uns que l’on va de ce pas envoyer à la progéniture de certains de nos amis, surtout ceux qui sont adeptes de la confédération paysanne de José Bové…
Puis en sortant du temple du jouet on est tombé sur un spectacle extraordinaire. Quatre quadras japonais fan de rockabilly et portant la totale Jesse Garon : banane, pantalon en cuir, mitaines et boots pointues qui faisaient ce que l’on appelle dans le jargon professionnel un « showcase ». Un gros ampli envoyant des reprises des standards rock’n’roll des fifties en japonais « boulou souèdou shouzou » et nos quatre dick rivers (dikou liveulesou) nippons qui dansaient le twist à tour de rôle devant un public hilare en train de les prendre en photo avec leur keitai. Ça a beaucoup plu à Judith qui a commencé à se trémousser avec eux.

Un peu plus il y avait une course de voiture ou le but était, apparemment, non pas d’aller le plus vite possible mais de parcourir les 200m du circuit en faisant le maximum de bruit et le maximum de fumée avec les pneus sans jamais se toucher. Je pense que ce serait considéré comme une offense. Apres quelques émoluments sur la plage nous retournâmes à nos pénates pour un goûter d’enfant en compagnie de nos amis Bruno et Emmanuelle et de leur petit Antoine, un an.
Au fait, Kika, on hesite encore pour ton cadeau de noël...

vendredi 28 octobre 2005

Udon

Hier j'ai passé la journée entière en salle blanche. C'est en fait assez pénible, il faut porter une combinaison des pieds à la tète et des gants en latex. Au bout de quelques minutes, on transpire des mains et a la fin de la journée on a les mains qui sentent les pieds, un bonheur. ceci dit il y beaucoup de machines ici et c'est un régal. Alors comme c'est vendredi, qu'en France il fait 27°C et pas ici, je ne suis pas d'humeur à m'étaler en bavardages inutiles et à commenter pendant des heures des détails insignifiant de notre existence sur l'ile. Aujourd'hui on va faire court, ce sera juste un petit jeu. Une erreur s'est glissé dans une des deux photos de tokyo vue d'en haut, saurez vous la retrouver?


mercredi 26 octobre 2005

l'écoutille

Très tôt, le matin, je m’en vais sur le chemin. A travers les rues de Tokyo, je trotte, trotte et trotte vers l’université. En chemin je rencontre toujours de drôles de choses et de drôles de gens. Des gens pressés, des gens en vélo, des gens qui travaillent et des gens qui regardent les autres travailler. Dans la rue il y a un chantier, ce n’est pas un scoop parce que dans toutes les rues au japon, il y a un combinistore et un chantier. Dans ce chantier; il y a beaucoup d’ouvriers qui s’affairent avec leur pantalon bouffant rentré dans leurs chaussures à doigt de pieds. Et devant le chantier il y un petit pépé de 90 ans avec un casque jaune, un bâton lumineux et un gilet a diodes. Pépé-san est la pour gérer la circulation à coté du chantier, qui est évidemment très bien clôturé. On ne sait jamais. Tous les matins, pépé-san est devant son chantier, debout et regarde les ouvriers. Tous les soirs quand je rentre, pépé-san est devant son chantier, debout et regarde les ouvriers. En fait, je n’ai vu le chantier sans pépé-san. Il m’est même arrivé d’aller vérifier dans la journée si pépé-san était à son poste, il y était bien évidemment. Il m’est arrivé de faire le planton, devant un porte-avion. Je l’ai fait pendant quatre heures, en pleine nuit. C’était insupportable. A quoi peut bien penser pépé-san après avoir passé plus d’une dizaine d’heure debout au même endroit ? C’est lui là :

Sur mon chemin il y a aussi les pompiers qui arrivent tous ensemble en bus à la caserne le matin a neuf heures. J’espère secrètement que c’est la relève et que les pompiers japonais ne travaillent pas que pendant les heures de bureau.

Sur mon chemin il y a aussi une 4L, ça fait plusieurs fois que j’en vois, elles ont peut être le GPS intégré comme toutes les autres voitures. Il y a les mobylettes des livreurs de soba avec leur système de suspension pendulaire pour que les livreurs puissent prendre les virages couchés sans que les bols de nouilles ne débordent. Un jour peut être, je leur parlerais des tupperware et de leur couvercle étanche.Sur le chemin il y a aussi le companion animal center et le Komaba pet clinic qui sont des cliniques high tech pour caniches nains et autres teckels tant appréciés des japonais. Il y a plus de choses pour les chiens que pour les enfants ici ! et cela se vérifie pour tout, les cliniques, les magasins de fringues (oui vous avez bien lu, des fringues pour chien), les rayons de supermarché, les poussettes etc.. Mon ami bruno, qui lui comprends le japonais, a même surpris quelqu’un en train d’expliquer à son chien ce qu’était un bébé en pointant du doigt le fils de mon ami. La preuve en image avec ce père de famille nombreuse qui fait sa promenade dominicale avec sa marmaille et leurs lunettes de soleil. (OK à sa décharge il y avait beaucoup de soleil ce jour ci et les teckels ont les yeux très sensibles, c’est bien connu).



Sur mon chemin il y aussi les pompistes qui attendent le client au garde a vous. Et quand le client est la avec sa grosse voiture, ils se ruent sur les jantes pour les arroser avec un petit arrosoir puis frottent les jantes avec une petite brosse. C’est très important ici d’avoir des jantes propres.

Sur le chemin, il y a aussi dammtrax, le magasin des hells angels nippons puis quelques mètres plus loin il y a l’écoutille. L’écoutille c’est comme dans la série LOST. Sauf que l’île ici, elle est très grande, très peuplée d’autres et qu’il n’y a pas d’ours. Mais il y a une écoutille. Et cette écoutille, je ne sais pas ce que c’est ni ce qu’il y a dedans. C’est étrange. Il y a trois parties, une grande et deux petites. Et même un soir une des petites était allumée……..

lundi 24 octobre 2005

yakitori de peau de poulet



Aaahh les surprises que nous réserve l'approvisionnement des gaijin que nous sommes, dépourvu d'indices tel que l'étiquette ou la connaissance parfaite de la cuisine nippone, sont toujours de taille...il va sans dire que cette brochette a fini dans la poubelle après avoir été inspectée par nos mines dégouttées.


Ce week end fut formidablement agréable, les évènements s'étant enchaînés avec une fluidité délicieuse sous un soleil bonhomme. Samedi matin, nous avons exploré le Bunkamura, (5mn à pied de chez nous), genre de centre culturel garni de boutiques, de salles de théâtre, d'une salle d'expo, d'un cinéma où se joue Peau d'âne actuellement, d'une brasserie française les deux magots, et d'une belle librairie où on a tripoté tous les magazines de design, de mode et d'art, tous les livres d'illustrations et de peinture, bref, où j'ai fait un gentil repérage de ce que je ne pourrais, sans un pincement, laisser s'ennuyer dans ces rayons. Judith qui a chopé une bronchite nous a entrainés ensuite chez le pédiatre du quartier (à un paté de maison de chez nous), très sympathique médecin aux cheveux blancs, au cabinet totoresque, qui après avoir examiné Judith et nous avoir entretenus en anglais et français, nous a remis une carte genre "membre du club" orné de notre Miss Kitty nationale. Nous sommes repartis chez nous en boudant un peu cette pluie fine qui s'arrange toujours pour tomber le samedi, et avons passé le reste de l'aprem a savourer notre internet (moi passant des commandes factices un peu partout pour tester les frais de port), et bricoler avec Garance (Benoît a démarré avec elle la construction d'un beau et grand château de princesses avec les cartons d'emballage du futon, tout un programme) pendant que Judith dormait.


Et puis en fin de journée, je suis partie avec Garance, laissant Judith avec son pôpa, explorer un grand magasin d'enfants, parce qu'il va falloir songer à compléter l'attirail de nos filles. Que c'était mignon ! Des imper et des chapeaux de pluie snoopy ou kitty, des fournitures d'écolier nippon (kawaï!!!), des tenues de mireille mattieu (noir en dentelle-velour avec gros noeud de satin),des baignoires miffy, des jouets, des landeaux, poussettes berceaux et bicyclettes hight tech, des costumes de sailor moon taille 4 ans, de la vaisselle trognone et des petits pots au contenu mystérieux....malheureusement, je n'ai pas pu tout tripoter car le trajet et notre marche lente à moi et à Garance sans poussette, nous ayant pris trois quart d'heure, il ne nous restait que peu de temps avant de devoir rallier notre quartier pour aller dîner chez Bruno et Emmanuelle, francais du labo habitants vers chez nous.
La soirée fut donc fort sympathique, (fromage et vin),les filles se sont endormies sur nos genoux, et nous sommes rentrés très tard.


Et le lendemain fut comme les dimanches sont quand ils sont impecs : actifs mais nonchalants, lumineux et tendres, avec l'exact dosage de marche et d'hagendasz, d'achat de meubles et de pause le long d'un bassin plein de carpes, de temple avec mariée, et d'arpentage d'Harajuku, quartier djeuns-branché-vintage.


Alors on est rentrés légers, satisfaits, à l'exact moment où nos messenger clignotaient et on a donc bien papoté avec les frangins et frangines tandis que Garance et Judith se régalaient de leur 18eme visionnage de Barbie coeur de princesse. Chacun son truc...

Et un dimanche n'étant jamais aussi bien réussi que lorsqu'il se termine par un bon vautrage devant série télé, on a raccroché les wagons avec Desperate houswives en saupoudrant cette soirée de chocolats Dars, cousin des chocolettis.
Que demander de plus?


Et un très bon anniversaire et tous les poutoux possibles à Maud!!!!!!



de très gros bisous à Martine qu'on encourage fort : prends bien soin de toi!!!!